Premiers kilomètres hésitants pour le Noctilien

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Démarrage à tâtons mardi soir pour les conducteurs et les usagers du Noctilien, nouveau réseau de bus nocturnes d’Ile-de-France. 0 h 05. Christian, machiniste depuis vingt et un ans à la RATP, met en route le premier Noctilien au départ de la gare de l’Est, le N42, en direction de Garonor. Ses horaires ont été modifiés. Avec l’ancien Noctambus, il ne sortait jamais du dépôt avant 1 h. Son parcours, aussi, est différent et il apprend à manoeuvrer dans de petites rues étroites, sans quitter son plan des yeux. « Si on se trompe, on fera demi-tour », plaisante-t-il, tout en constatant que « les passants nous regardent bizarrement : ils n’ont pas l’habitude de voir des bus dans ce quartier ». Sébastien, l’un de ses collègues, fait le trajet avec lui pour repérer le parcours. « Il n’y a pas de clients ce soir, car ils ne connaissent pas encore la ligne. On roule à vide toutes lumières allumées, c’est rare. J’espère que Christian n’est pas payé à la charge ! » Sur la ligne N01, qui assure la liaison entre quatre gares parisiennes, les contrôleurs se sont reconvertis dans l’information aux voyageurs. Ils peinent à s’y retrouver. Une jeune fille se présente avec un ticket combiné SNCF-RATP, le conducteur ne sait pas s’il est compatible Noctilien. Peu importe, les hommes au veston vert ne sont pas là pour distribuer des amendes ce soir, mais proposent plutôt des plans du réseau aux usagers. D’ailleurs Bénédicte, une étudiante, a tenu à tester le Noctilien dès ses premières heures de fonctionnement. « Ça va nous permettre de profiter des soirées sans avoir à courir pour prendre le dernier métro ou à payer un taxi 15 i. » A l’arrière du bus, une vieille dame a même décidé de s’offrir « un tour de Paris au prix d’un seul ticket, rien que pour le plaisir ». Magali Gruet