Commune image, le ciné solidaire

Hélène Colau

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La structure met ses salles de mixage à la disposition des société résidentes.
La structure met ses salles de mixage à la disposition des société résidentes. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Un film, ça n'est pas que des acteurs et une caméra. Producteurs, monteurs, mixeurs et compositeurs travaillent ensemble. C'est donc naturellement qu'est née l'idée de Commune image, première plate-forme collaborative dédiée à l'audiovisuel, inaugurée aujourd'hui à Saint-Ouen.

Vision solidaire du métier
Le propriétaire de cette usine retapée dans le style ciné de quartier, c'est Olivier Laffon, déjà à l'origine du Comptoir général, dans le 10e. L'idée : regrouper des pros partageant une vision solidaire du métier. Les 22 sociétés résidentes ont été recrutées en deux mois, grâce au bouche-à-oreille. Pour un tarif préférentiel – 20 à 30 % de moins que le prix du marché –, elles disposent de bureaux, de salles de montage, de studios et d'une salle de projection. Pour se renflouer, Commune image loue ses équipements à des sociétés extérieures. L'argent est réinvesti dans le lieu : un restaurant est en projet, pour plus de convivialité entre la centaine de travailleurs réguliers.
Buffalo Corp a quitté un sous-sol à Belleville pour s'installer à Saint-Ouen. « Le plus, c'est d'être avec des structures complémentaires, on peut travailler ensemble, raconte Sophie, chargée de production. On utilise aussi du matériel qu'on ne se serait pas payé, ça nous amène des clients. » Le collectif de réalisateurs a récemment commandé une musique à Mawashi, la société d'édition musicale basée de l'autre côté du couloir. « On gagne du temps, car tout se fait sur place, de la composition à l'enregistrement, explique Benjamin Salem. Et puis je fais des rencontres, moi qui n'avais jamais bossé dans une grosse boîte. On se dépanne, sans s'en demander trop. »