vous avez enfin la parole sur le grand paris

Alexandre Sulzer

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Oyez, oyez Franciliens. Vous êtes tous invités à mettre votre grain de sel dans le Grand Paris (lire encadré). Aujourd'hui commencent les débats publics, qui dureront quatre mois, sur le réseau du Grand Paris et sur Arc Express. Avec près de 75 réunions, un budget de 6 millions d'euros et 10 000 questions attendues, il s'agit du plus grand débat public de l'histoire de France !

G Sur quoi êtes-vous consulté ?
Deux projets de métro se font face. Arc Express, celui du Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif, dirigé par la gauche), est constité de deux arcs, l'un au nord, l'autre au sud de Paris, et relie grosso modo les terminus des lignes de métro existantes en proche couronne. Vitesse moyenne : 40 km/h pour des stations espacées d'à peine 1 à 1,5 km d'intervalle. L'autre, dit métro du Grand Paris, le bébé du gouvernement, est constitué de trois lignes de métro (dont l'une serait la ligne 14 prolongée) qui relient des pôles de développement économique existants ou en devenir (Roissy, Plaine-Saint-Denis, La Défense...) ainsi que certaines villes aujourd'hui enclavées comme Clichy/Montfermeil. La vitesse moyenne est plus élevée (65 km/h) mais le maillage est moins fin (4 km entre les stations).

G Peut-on réaliser les deux ?
Non. D'abord, ça coûte beaucoup trop cher : 4,8 à 5,4 milliards pour Arc Express et 22,7 milliards d'euros pour le Grand Paris. Ensuite, 50 % des tracés d'Arc Express sont superposables avec celui du Grand Paris. Tout le monde s'accorde à dire qu'il serait stupide de construire deux lignes de métro parallèles, toutes proches l'une de l'autre.
G Il va donc falloir choisir

entre les deux ?
Pas vraiment. Il serait préférable, de l'avis général, de parvenir à une synthèse. De toute façon, ni le Stif ni l'Etat n'entend abandonner son projet. Mais de nombreux problèmes se posent. Les finalités des deux projets diffèrent : Arc Express a pour objectif de desservir la zone dense quand le Grand Paris doit encourager le développement économique. Pierre Mongin, le président de la RATP, estime qu'il est possible, avec un métro automatique, de faire coexister des rames de cabotage et des directs entre pôles de développement, « à condition d'y avoir pensé au départ ». Autre piste : commencer par la réalisation des boucles en proche couronne, les plus urgentes. L'arc sud d'Arc Express pourrait être mis en service en 2017 alors que le Grand Paris ne le sera pas avant 2023. Mais André Santini, président de la SGP (voir lexique ci-contre), est contre : « si l'on accepte le phasage du Grand Paris, on en sera toujours là dans 40 ans ! »

G Qui va payer ?
L'Etat prévoit une hausse de la taxe sur les locaux à usage de bureaux, payée par les entreprises, et une « taxe spéciale d'équipement », estimée à 20 € en moyenne par ménage francilien. Par ailleurs, la loi sur le Grand Paris instaure une taxe forfaitaire sur le produit de la cession des terrains situés dans le périmètre des gares. « Mais l'intégralité du Grand Paris est infinançable », martèle Jean-Paul Huchon, le président (PS) de la région.

sgpcdtaigpComment participer au débat ?

La Société du Grand Paris est l'établissement public, dominé par l'Etat, qui a la charge de la conception et de la réalisation du métro du Grand Paris.Les contrats de développement territorial sont des contrats d'aménagement urbain signés entre l'Etat et les collectivités locales autour des nouvelles gares du Grand Paris. Car le but de tout cela est aussi de créer des logements, des bureaux...L'Atelier international du Grand Paris réunira dix architectes de renom qui réfléchiront aux principes d'urbanisme des CDT.Dès ce soir, rendez-vous à 20 h pour la première réunion (commune au Grand Paris et à Arc Express) au palais des Congrès, porte Maillot (17e). La liste des réunions sur le Grand Paris est consultable sur www.debatpublic-reseau-grandparis.org et celles sur Arc Express sur www.debatpublic-arcexpress.org. Après les débats le 31 janvier, la SGP et le Stif auront respectivement deux et trois mois pour dire comment ils tiennent compte des débats. Et, éventuellement, pour se mettre d'accord entre eux.