Les élèves du 92 passent à la tablette

EDUCATION Les 133 collèges des Hauts-de-Seine ont reçu chacun deux iPad cette semaine...

Hélène Colau

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Quelques collégiens de Colombes et Bois-Colombes testent les tablettes depuis la rentrée.
Quelques collégiens de Colombes et Bois-Colombes testent les tablettes depuis la rentrée. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Dans les Hauts-de-Seine, c'est tous les jours cours de techno. Chaque collège du département vient de recevoir deux tablettes numériques iPad. «On retient beaucoup mieux ce qu'on voit que sur les livres», assure Victor, élève au collège Albert-Camus de Bois-Colombes, en faisant tournoyer un cerveau en 3D. Il fait partie des quelques chanceux qui testent l'appareil depuis la rentrée.

Entre les e-books et les quiz de révision du brevet, c'est vrai que l'iPad est plus amusant que les bons vieux bouquins. Certains élèves s'imaginent déjà venir en classe munis de leur seule tablette, remplaçant manuels et cahiers. «Mais peut-on dire que c'est un objet de travail?, s'interroge Gianni. L'ordinateur fait plus sérieux.»

Bloquer les applications

Pour éviter les séances de jeu intempestives, les professeurs et documentalistes pourront bloquer certaines applications. «Il reste à trouver des utilisations collectives à cet outil très personnel», estime Mélanie Dabouis, documentaliste au collège Moulin-Joly de Colombes. C'est justement le but des formations dispensées par le centre départemental de documentation pédagogique des Hauts-de-Seine (CDDP92).

Pour la première fois, mardi, quatre profs et une documentaliste sont venus s'initier à l'iPad. «C'est un outil sur lequel il faut produire, et non pas être passif», annonce d'emblée Elie Allouche, directeur du CDDP. L'e-book déchaîne l'enthousiasme. «C'est amusant, ça. On peut l'annoter et accéder directement au dictionnaire en surlignant un mot.» Fotopedia plaît également: «C'est exceptionnel pour l'art et la culture, avec cette qualité d'image.» Un prof de techno s'inquiète lors de la présentation de la Dropbox, qui permet de partager des fichiers: «Mais si un élève supprime un fichier, il disparaît pour tout le monde.»

A l'issue de la formation, les enseignants sont plutôt agréablement surpris. Les profs de français sont intéressées par l'e-book, qui pourrait séduire les élèves rétifs à la lecture. Même si l'une d'elles doute qu'elle puisse renoncer à «gribouiller sur ses livres en papier». Le prof de techno estime que l'outil «peut faciliter l'approche des nouvelles technologies, le dessin y est plus intuitif». En revanche, personne ne sait encore comment l'intégrer à ses cours. «Nous allons monter un groupe de réflexion pour définir et mutualiser de nouveaux usages», promet Elie Allouche.

Investissement

Le département a investi 185.000 euros dans les tablettes. «Il faut suivre le progrès, mais il n'est pas prévu pour l'instant d'équiper chaque élève», d'après Patrick Devedjian, le président du conseil général.