La gestion de la mairie de Paris épinglée

Magali Gruet

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Directeurs qui occupent des postes de directeur général pour toucher de plus hautes rémunérations, explosion de la prime départementale ou chargés de mission en surnombre au cabinet du maire, la chambre régionale des comptes (CRC) pointe du doigt la gestion des ressources humaines de la Ville de Paris. Dans un rapport dévoilé en fin de semaine dernière, et transmis aux conseillers de Paris pour être adopté lundi prochain, la CRC n'est pas tendre avec la mairie socialiste. Elle estime ainsi que des directeurs généraux « n'en occupent pas les fonctions » car ils ne sont à la tête que de simples directions.
« Ce n'est pas parce que la Ville est administrativement structurée en directions qu'il n'est pas possible de permettre la nomination, à leur tête, de directeurs généraux, en raison de leur ancienneté dans leur fonction », rétorque l'entourage de Bertrand Delanoë. Ce qui aurait engendré 1,8 million d'euros de surcoût, selon la CRC. Même chose avec la prime départementale, qui peut aller jusqu'à 40 000 € annuels, qui coûtait 5 millions à la Ville en 2002 et 13 millions aujourd'hui, car le nombre de ses bénéficiaires a été étendu et des hausses ont été accordées à l'encadrement supérieur. « Limitée à quelques centaines de bénéficiaires de la plus haute catégorie (catégorie A) au début des années 1990, elle a été versée à plus de 7 100 agents en 2008, dont plus de 4 300 de catégorie C », se défend la Ville, qui dit avoir voulu relever certains bas salaires. Enfin, la Mairie réfute tout à fait avoir embauché trop de collaborateurs : « Les effectifs ont été fixés en Conseil de Paris ».

Les directeurs généraux gagnent 150 000 € net par an, soit 12 500 € net par mois, « un montant conforme aux cadres de l'Etat », selon la Mairie de Paris.