Pris dans un guet-apens à la sortie du lycée

William Molinié
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Hier, le lycée Jean-Lurçat était encore sous le choc de l'agression de mercredi.
Hier, le lycée Jean-Lurçat était encore sous le choc de l'agression de mercredi. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

   Réglement de comptes entre deux groupes rivaux ou agression gratuite ? Les camarades de Souleymane, 17 ans, tentaient hier de comprendre pourquoi leur ami s'était fait passer à tabac, la veille, par un groupe de cinq à sept jeunes individus, armés de batte en fer. L'adolescent, en première au lycée professionnel Jean-Lurçat du 13e, attendait tranquillement le bus, mercredi après-midi, quand plusieurs individus lui seraient « tombés dessus », selon les premiers éléments de l'enquête. Roué de coups à la tête, il s'effondre sur le trottoir, inanimé. Hier soir, il était toujours dans le coma (lire encadré). 

 Une vengeance venue du 13e ?
« Il n'était pas du genre à poser de problème. Il était même plutôt gentil », fait remarquer Kamel*. Pour lui, il s'agit d'une agression purement gratuite. « Ils ont vu, à cause d'une inscription sur son sac, qu'il venait du 14e. Alors, ils s'en sont pris à lui », poursuit-il. Depuis plusieurs années, des affrontements opposent notamment des groupes du quartier Glacière (13e) à la rue Didot (14e) et du boulevard Brune (14e) à la cité Joseph-Bédié (13e). « Ils se livrent à une guéguerre des quartiers comme on en connaît ici ou là. Mais ça faisait longtemps que ça n'avait pas explosé comme ça », analyse un policier d'Alliance, le deuxième syndicat des gardiens de la paix. Jérôme Coumet, le maire PS du 13e, refuse de croire à une agression fortuite. « Plusieurs éléments nous font penser qu'il était attendu », confie-t-il. La thèse du guet-apens était aussi partagée, hier, par plusieurs lycéens. « La semaine dernière, il y a déjà eu une embrouille. Souleymane avait pris le dessus. Mercredi, ils sont revenus, à plusieurs, et lui ont tendu un piège pour se venger », explique l'un d'entre eux, préférant rester anonyme. « Ce ne sont pas forcément des bandes. Mais beaucoup de lycéens du 14e sont scolarisés dans le 13e. Alors ça crée parfois des tensions », poursuit-il. Hier soir, d'après un policier, « cinq personnes étaient activement recherchées ».
  *Le prénom a été changé 

Ce qu'il s'est passé

Vers 15 h 30, mercredi après-midi, Souleymane, 17 ans, attend son bus en face du lycée Jean-Lurçat, à l'angle des rues Albert et de Tolbiac (13e). La bagarre a duré moins d'une minute. Entre cinq et sept personnes lui tombent dessus et le rouent de coups, dont certains à la tête. L'adolescent est transporté d'urgence à l'hôpital Lariboisière. Hier soir, il était toujours dans le coma. Son état était jugé « très préoccupant » par le maire PS du 13e, Jérôme Coumet.