Quand la BAC de nuit parisienne part traquer en banlieue

REPORTAGE En route avec une patrouille de la brigade anticriminalité....

William Molinié

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Samedi 11 septembre 2010, les policiers de la BAC 75N sont intervenus dans une affaire de stupéfiants et ont placé en garde à vue un dealer de crack.
Samedi 11 septembre 2010, les policiers de la BAC 75N sont intervenus dans une affaire de stupéfiants et ont placé en garde à vue un dealer de crack. — S. ORTOLA/20 MINUTES

22h, samedi soir. L'équipage de la brigade anticriminalité, la BAC 75N, du lieutenant Liberto prend son service. A bord d'un véhicule sérigraphié, les trois hommes s'engouffrent dans la nuit parisienne. Eux-mêmes se définissent comme «chasseurs». Ils vont traquer les délinquants jusqu'au petit matin. Objectif: la cité des Courtilles à Gennevilliers (Hauts-de-Seine).

«Les délinquants sont plus rugueux avec nous»

Dans le cadre du grand Paris de la sécurité, leur hiérarchie leur demande d'y faire régulièrement des contrôles depuis l'agression de trois fonctionnaires à coups de pierre dans la ville, début septembre. Un renfort indispensable pour les policiers du 92, beaucoup moins nombreux. «Les délinquants sont plus rugueux avec nous qu'avec les collègues du département. Car ils nous connaissent moins», explique le lieutenant Liberto.

A la sortie de la cité, les trois hommes interceptent une grosse berline. A son bord, trois jeunes de 20 et 21 ans. Ils expliquent avoir loué pour plusieurs centaines d'euros le véhicule. «On va fêter la fin du ramadan à Paris. C'est la deuxième année qu'on fait ça», explique l'un d'entre eux. Problème, ils n'ont pas leurs cartes d'identité ni leur permis de conduire. Après avoir fouillé l'intérieur de la voiture, les hommes de la BAC leur demandent de rentrer chez eux, récupérer leurs papiers. «Comment c'est bien quand c'est cordial comme ça», lâche l'un des jeunes. Les fonctionnaires recherchaient surtout de la drogue et des armes.

Prostitution, vols à la tire, drogue

Cap sur le Bois de Boulogne (16e). Depuis quelques mois, la prostitution a regagné du terrain. «Ça nous ramène des voitures volées, des stups, des vols et des agressions», souligne le lieutenant. Mais ce soir-là, malgré les contrôles et vérifications d'identité, rien ne tombe dans les filets de la BAC. Alors que les trois hommes sont en planque dans le quartier Pigalle, un appel radio, à 4h56, signale un vol à la tire vers la Goutte d'Or (18e), à quelques centaines de mètres.

En moins d'une minute, l'équipage est sur place. A la vue des policiers, un jeune homme se réfugie dans une cage d'escalier, avec deux toxicomanes. Les fonctionnaires leur tombent dessus. Ils n'ont rien à voir avec le signalement du vol. Mais qu'importe, du crack et une barrette de résine de cannabis sont trouvés à proximité.

Embarqués au commissariat, ils sont entendus par un officier de police judiciaire. Les deux drogués reconnaissent que l'homme était en train de leur vendre de la drogue. L'intéressé nie. Comme eux, cette nuit-là, une trentaine d'individus interpellés par les BAC franciliennes de département passeront leur nuit en garde à vue. «Une nuit somme toute tranquille», confie le commissaire Thierry Ferré, le chef du service de nuit de la police d'agglomération.