Peintre copiste, une passion originale

Hélène Colau

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Photos A. GELEBART / 20 MINUTES

Ils font partie du paysage et de l'histoire du Louvre. Ces silhouettes penchées sur leur chevalet, scrutant les détails d'un De la Tour ou cherchant le secret d'un Delacroix, ce sont les copistes, environ 150 passionnés qui hantent chaque matin les salles du plus grand musée parisien. Ils exposent leurs œuvres à partir d'aujourd'hui, dans le cadre du 4e Salon des copistes au Louvre*. L'occasion de découvrir cette activité, à mi-chemin entre art et artisanat.

« Le tableau est très bavard »
La copie est entrée au Louvre avant même qu'il ne soit un musée : le palais est ouvert aux peintres depuis Louis XIV. Les jeunes venaient alors y apprendre leur art. Aujourd'hui, le copiste peut aussi bien être médecin ou architecte que peintre. Chacun a ses motivations. Mathieu Verlier, un artiste de 32 ans, a commencé la copie au Louvre en 2000, en parallèle de ses études. « Aux Beaux-Arts, on avait des ateliers avec des peintres contemporains, mais cela ne nous apprenait pas les techniques traditionnelles. Au Louvre, on n'est pas tout seul face au tableau : il est très bavard, le peintre continue à s'exprimer à travers lui. » Mathieu avoue qu'il a commencé par se casser les dents sur les toiles de maître, mais petit à petit, il progresse. Et assure qu'il nourrit son travail personnel, l'après-midi, de ce qu'il a découvert le matin en travaillant au musée.
Claude Midas, lui, a commencé la peinture il y a une quinzaine d'années, à la retraite. Il est venu à la copie parce qu'il était « plus impressionné par ces grands artistes que par les contemporains ». « Et puis, il y a un peu de snobisme, confesse-t-il. En copiant de pareils maîtres, on a l'impression de s'élever un peu ! Pour faire de bonnes copies, il faut de la passion, vouloir absolument couvrir l'œuvre. J'ai ainsi acquis de bonnes bases en peinture, que je n'avais jamais pratiquée avant. Prendre un professeur, c'est bon quand on est jeune. »
Les soixante-quatre copies exposées au salon sont d'après Goya, Géricault ou Ingres. Seule fantaisie par rapport aux originaux : des dimensions légèrement différentes, une exigence du Louvre. La toile est également tamponnée au recto et au verso, avec une encre qui se révèle aux rayons X une fois recouverte de peinture, et ce pour empêcher tout trafic. L'accès au musée est gratuit pour les copistes, qui doivent seulement demander l'autorisation de travailler sur tel ou tel tableau. Ils l'obtiennent la plupart du temps. Après tout, eux aussi font partie de la collection permanente.