Ils veulent porter plainte contre leur colo

William Molinié

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CLOSON / ISOPIX / SIPA

Après 17 jours passés derrière les barreaux, l'heure est désormais au règlement de comptes. Six mineurs d'Argenteuil (Val-d'Oise), partis en colonie de vacances en Croatie, veulent poursuivre l'organisateur de leur séjour, le centre de vacances Les Jongleurs. Cet été, les adolescents se sont retrouvés en prison à Dubrovnik après avoir été impliqués dans une bagarre contre des Croates. Les familles des mineurs pointent le « défaut de surveillance » de la part des animateurs, qui auraient laissé seuls les Français pendant plusieurs heures.

Un Croate gravement blessé
L'affaire remonte au 11 juillet dernier, le soir de la finale de la Coupe du monde de football. Les animateurs ont donné « quartier libre » aux jeunes, qui visitent en autonomie la ville de Dubrovnik. Vers 20 h 30, une rixe éclate à côté des remparts entre les ados et de jeunes Croates, « à cause d'une histoire de filles », expliquent les autorités locales. Un des Croates, gravement blessé au crâne, est plongé dans un coma artificiel. Les policiers considèrent que les Français sont à l'origine de la bagarre et en placent six en garde à vue, le soir même. « Mon fils a juste voulu s'interposer dans la bagarre. Le Croate blessé, lui, est tombé tout seul dans les escaliers. Il n'a pas été frappé », s'insurge la mère d'un des jeunes. Finalement, trois mineurs sont placés en détention provisoire. Ils feront 17 jours de prison. Les trois autres sont assignés à résidence dans un hôtel de la ville. En prison, les enfants se plaignent des conditions de détention. « Lors d'une visite au parloir, mon fils m'a dit : « Maman, les autres détenus nous font des signes comme s'ils allaient nous égorger », raconte une mère. Le jugement tombe le 28 juillet. Les jeunes sont reconnus coupables et remis à leurs parents. Ils sont condamnés à des peines d'interdiction de retour en Croatie de 3 à 5 ans. « C'est une décision croate qui ne sera pas inscrite à leur casier judiciaire », précise Me Agnès Cittadini, l'avocate d'un des mineurs. Les responsables du centre de vacances Les Jongleurs, eux, restaient, hier, injoignables.