Les faux emplois de Paris seront remboursés

Magali Gruet et Vincent Vantighem

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« Ce n'est pas une négociation mais l'intégralité des salaires versés frauduleusement, les intérêts et les frais d'avocat.» Hier, la Ville de Paris a confirmé qu'un accord avait été trouvé avec l'UMP, héritier du RPR, pour que le parti rembourse la facture des emplois fictifs sous l'ère Chirac, après la publication de l'information par le Canard enchaîné.

2,2 millions rendus à la Ville
L'ancien maire de Paris et président de la République remboursera 550 000 € de sa poche, et l'UMP 1,65 million. En échange, la Ville de Paris retire sa constitution de partie civile au procès de Jacques Chirac, qui doit avoir lieu en fin d'année. « Ce qui était important pour nous, c'était que la vérité soit établie, que ceux qui sont à l'origine de ces actes le reconnaissent et que la collectivité parisienne retrouve l'argent qui lui est dû, explique-t-on dans l'entourage de Bertrand Delanoë (PS). Comme nous obtenons réparation civile, nous n'avons pas à nous maintenir dans ce procès : la Ville n'a pas de prérogative pénale ».
De son côté, l'UMP a tenté, toute la journée d'hier, de redéfinir les contours de cet accord à son avantage. « A ma connaissance, le parti n'a pas eu et n'a pas de contact avec la Mairie de Paris. Mais je ne parle bien qu'au nom du parti… » a ainsi confié à 20 Minutes Dominique Paillé, l'un des porte-parole. « Delanoë fait sa communication comme il l'entend, poursuit Philippe Goujon, président de la fédération UMP de Paris. A notre niveau, il n'y a rien aujourd'hui. ça ne veut pas dire qu'il n'y aura rien demain… » Selon le Canard enchaîné, l'accord aurait en fait été conclu fin-juillet lors d'un déjeuner entre Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac. Mais l'Elysée aurait « oublié » de prévenir l'UMP. A gauche, si le PCF se disait « satisfait » de l'accord, les Verts l'avaient mauvaise. « C'est un Vert qui a déposé plainte à l'origine, la Mairie de Paris s'est substituée à lui. Aujourd'hui, on a l'impression de s'être fait flouer. C'est mal venu de montrer que le PS et l'UMP négocient pour qu'un procès n'ait pas lieu ».

Procès

Une audience doit avoir lieule 1er octobre au tribunal correctionnel de Paris pour fixer les dates du procès Chirac. Il est poursuivi pour « détournements de fonds publics » et « abus de confiance » pour 21 emplois de complaisance de 1992 à 1995.