Sanna, 18 ans, avait agressé une conductrice de bus d'Aulnay

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« Vous êtes une gamine de 18 ans et vous vous permettez tout ! » Bénédicte Berry, la présidente de la 17e chambre correctionnelle a beau sermonner, le message ne passe pas. Devant elle, Sanna persiste à dire que si elle a craché sur Josette, c'est parce que cette dernière lui avait parlé sur un « ton agressif ». Elle comparaissait hier devant le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour des violences volontaires. Le 9 mai dernier, alors que la ligne 610 (La Courneuve-Sevran-Beaudottes) avait été détournée à la suite de caillassages de véhicules, Sanna s'en était prise à la machiniste, qui avait refusé de l'emmener jusqu'au terminus habituel. Le ton était monté entre les deux femmes, suivi d'insultes et de crachats jusqu'à ce que Josette se retrouve à terre, rouée de coups. Une interruption temporaire de travail de 8 jours lui a été délivrée. Pendant 48 heures, les conducteurs de bus de la compagnie TRA avaient fait valoir leur droit de retrait, paralysant les lignes du département. « Rien dans la vie, vous comprenez, rien ne justifie les insultes, le mépris et les coups », tente une dernière fois la présidente. Dernière d'une fratrie de 5 enfants, Sanna, au casier judiciaire vierge, semble ne pas réaliser son geste, et l'importance qu'a pris l'affaire, relayée à l'époque par l'Elysée. « Elle s'exprime mal. Elle est pétrifiée et pas très à l'aise dans cette salle d'audience. Elle n'a pas délivré le message qu'elle voulait à cause de la pression politique et médiatique », explique Me Guiraud, son avocate. Sanna est finalement condamnée à 7 mois de prison avec sursis et une mise à l'épreuve de deux ans. Elle devra suivre un stage de citoyenneté indemniser la victime. Josette n'était pas présente, hier, à son procès. « Elle est fatiguée de cette histoire », a précisé son avocate.
William Molinié