une année pour apprendre la confiance en soi et persévérer

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« Très heureux et très exténué. » C'est ainsi que le proviseur, Jean-François Bourdon, termine l'année à Sourdun. Pour lui, « les objectifs ont été atteints » : aucun élève ne redouble et « seuls 7 ou 8 ne resteront pas l'année prochaine ». « Certains ont fait un bond cette année, beaucoup plus sensible que dans un collège classique », précise-t-il. « Ceux qui partent y sont contraints par leurs choix de filières, comme sciences et technologies de la gestion (STG), qui n'existent pas dans l'internat. » Il reconnaît toutefois deux ou trois vrais échecs : « Le décollage ne s'est pas fait. » Et quelques parents d'élèves, qui attendaient de meilleurs résultats, s'interrogent encore sur le maintien de leurs enfants. « On passe des coups de fil en ce moment pour les convaincre. »

Des effectifs triplés à la rentrée
A la rentrée, l'établissement accueillera des classes de la 6e à la 1re (et pas que des 4e, 3e et 2de, comme cette année) ainsi que deux classes prépa, triplant ainsi les effectifs. Pas de terminale en revanche. « Je ne souhaite pas que des gens viennent étudier ici juste pour avoir le bac. Sourdun, c'est un état d'esprit, un apprentissage de la vie. » L'internat fait face à « trop de demandes, à l'exception des classes de prépa qui restent moitié vides. » Preuve, selon Jean-François Bourdon, qui a passé « l'année à faire de la com' », que l'établissement « est désormais bien connu », qu'on a « arrêté de dire qu'on piquait les cerveaux de banlieue ou qu'on était une maison de redressement ». « Le comportement des élèves a beaucoup changé au cours de l'année, témoigne Fouad, assistant d'éducation. Au début, ils étaient agités. Mais ils ont appris la vie en communauté, sauf un ou deux caïds. » Trois exclusions ont été prononcées en janvier. « L'intégration est réussie, note Bernard Lagier, prof d'histoire-géo. En septembre, les élèves dressaient des portraits très négatifs d'eux-mêmes. Ils ne pensaient même pas qu'ils étaient français. Aujourd'hui, ils se disent : « pourquoi pas Sciences-Po ?». » Jean-François Bourdon reste prudent : « On verra les résultats au bac l'an prochain. Nous sommes attendus là-dessus. » A.S. et H.C.

Un dispositif étendu en 2010

Onze autres internats d'excellence ouvriront à la rentrée 2010, dont deux en Ile-de-France : Cachan (94), Marly-le-Roi (78), Barcelonnette (04), Noyon (60), Douai (59), Montpellier (34), Metz (57), Nice (06), Langres (52), Le Havre (76) et Maripasoula (Guyane).