à saint-denis, le trafic affaibli et dispersé

— 

Le 31 mai, 20 personnes ont été interpellées dans le quartier de la gare pour trafic de crack.
Le 31 mai, 20 personnes ont été interpellées dans le quartier de la gare pour trafic de crack. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Sur la place de la gare de Saint-Denis, hier à midi, des étals proposent des légumes et des fruits. Des habitués sirotent un café au soleil. Cette scène tranquille était impensable il y a quelques mois, si l'on en croit les riverains, quand le quartier était gangréné par le trafic de crack. Un succès selon le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, qui a fait du quartier de la gare la vitrine de son action en Seine-Saint-Denis (lire encadré).
Julien travaille sur l'imposant chantier du prolongement du tramway T1. Lui aussi raconte les « embrouilles, les mecs balancés dans le canal ». « C'était le Bronx ici. Maintenant, c'est calme. » Du moins, « sur le carré, là », dit-il en pointant du doigt l'esplanade. « Les mecs sont partis là derrière », croit-il savoir, désignant les rues perpendiculaires au tramway et le secteur de l'autre côté de la voie ferrée. « Avant, la police tournait la tête lorsque les dealers trafiquaient dans la rue, devant tout le monde », confirme Mustapha qui habite ici depuis 5 ans. « Maintenant, le quartier est devenu extra ! » Lui aussi dit voir quelques trafiquants « tôt le matin » plus loin, le long du canal, « mais pas plus qu'ailleurs ». En face, le patron d'un bistrot, qui exige l'anonymat comme beaucoup, est moins optimiste : « y'a un mieux, ça, c'est sûr. Mais les trafiquants ont quitté la place pour aller dans les ruelles aux alentours… Les restos y sont ouverts toute la nuit, vous trouvez ça normal ? », demande-t-il, sous-entendant que le trafic de drogue s'y déroule toujours. Mais plus discrètement, à l'abri des regards. « Et puis, de nombreuses maisons restent squattées… »
Pour résoudre ce problème, nombre d'immeubles, tout autour, ont été murés. La mairie, dirigée par un communiste, se réjouit des récentes arrestations de dealers. Mais plaide pour « l'affectation de moyens policiers supplémentaires pour permettre une couverture dépassant les seuls abords directs de la gare ». Une façon de reconnaître que si le deal s'est « dispersé », il n'est « pas résolu». Sur une palissade qui barre l'accès à un terrain vague, la mairie a demandé aux riverains de dresser un portrait chinois du quartier. « S'il était une émotion, ça serait un rire jaune. On le nettoie mais c'est pour déplacer les problèmes », a répondu l'un, « la joie la journée, la peur la nuit », a répondu l'autre.A. S.

interpellations

Le 31 mai, a indiqué hier Brice Hortefeux, un « important réseau de trafic de crack de la gare de Saint-Denis a été démantelé : 20 personnes ont été interpellées, 74 cailloux de crack ont été saisis ». Le ministre avait demandé en septembre que la gare soit « nettoyée » après la publication d'articles sur le quartier dans la presse.