Dix grévistes remuent ciel et terre

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L'aéroport d'Orly a traversé hier une zone de turbulence aussi sévère qu'inattendue

Une dizaine de contrôleurs aériens ont semé la zizanie non seulement à Orly, mais aussi à Roissy et dans différents aéroports de France

Le tout pour des raisons ayant largement échappé aux milliers d'usagers qui ont accumulé les heures de retard

quand ils ont pu partir

De 6 h à 10 h du matin, Orly n'a connu ni décollage ni atterrissage

Rebelote en début d'après-midi, avec la même équipe de contrôleurs aériens, provoquant retards et annulations pour toute la journée

Arrivé avec trois heures de retard en provenance de Genève, Philippe se pince pour y croire : « On n'a pas eu un mot d'explication

Tourner au-dessus de Paris au milieu d'autres avions, c'est angoissant »

Et hasardeux

« Les grévistes n'avaient pas prévenu

C'est dangereux, s'étranglait-on hier à la SNCTA, le syndicat majoritaire dans la profession mais peu représenté à Orly

Les collègues de Roissy ont dû faire atterrir plein d'avions d'un coup

» Selon la SNCTA, on n'a « jamais vu quelque chose de ce genre

Il faut être responsable

On fait voler des passagers

On ne vend pas des pamplemousses

» Les grévistes ont profité du préavis de grève déposé dans la fonction publique contre le CPE, pour protester « contre des abus de la direction » lors d'un précédent mouvement social

« Les conditions du service minimum avaient été bafouées », explique FO qui soutient le mouvement, et qui, comme la CGT, estime que vu le préavis, « la direction devait s'organiser »

Mais « personne ne s'attendait à un tel mouvement » selon le SNCTA, et cette fois-ci, il n'y a pas eu de service minimum du tout

Michaël Hajdenberg

à savoir Plus de 50% des vols ont été annulés hier à Orly, soit 352 vols sur les 650 initialement prévus. A 19 h, le trafic était redevenu normal selon la DGAC (direction générale de l'aviation civile).