Des passages franciliens ne sont pas à niveau

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Sur les cinq cents passages à niveau que compte l'Ile-de-France, seize sont sous haute surveillance de Réseau ferré de France (RFF), car considérés « préoccupants » en terme de dangerosité. 118 personnes ont été tuées sur des passages franciliens depuis 1978. Et même si le nombre d'accidents est en baisse depuis dix ans, beaucoup reste à faire et une journée de prévention est organisée aujourd'hui.

Difficile de convaincre les communes
Non-respect du code de la route, feu rouge clignotant grillé ou passage en chicane entre deux demi-barrières mènent souvent au drame. « Il se passe huit secondes entre la fermeture de la barrière et le passage du train. Entre le temps de réfléchir à passer et à le faire, il est déjà trop tard », raconte Véronique Delabare-Huard, chargée de projet passage à niveau chez RFF Ile-de-France. « Il y aussi les habitués qui sont persuadés de connaître les horaires des trains, mais ils oublient que ceux-ci peuvent changer ! », prévient t-elle. En tête du classement des passages à niveau les plus accidentogènes de la région, celui de Deuil-Montmagny (Val d'Oise) cumule 65 heurts (bris de barrières) depuis 1985. Des travaux d'amélioration ont été effectués il y a quelques années pour empêcher le passage des piétons trop pressés, mais les études préliminaires pour la suppression du passage sont difficiles à faire admettre aux habitants. « Si on veut enterrer la route, il faut creuser, et cela mène forcément à des expropriations », prévient Véronique Delabare-Huard. Le coût est aussi un frein pour les collectivités locales, même si la région et RFF en prennent en charge une partie. En attendant que les passages dangereux soient éliminés, un conseil : « Si vous êtes coincés sur une voie, foncez pour casser la barrière, elle est faite pour ça, ou sortez du véhicule, mais ne reculez jamais », conseille RFF.Magali Gruet