Un nouveau départ pour le Centquatre

Hélène Colau

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Les anciennes pompes funèbres municipales, dans le 19e, paraissent souvent bien vides.
Les anciennes pompes funèbres municipales, dans le 19e, paraissent souvent bien vides. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Qui prendra la tête du Centquatre ? Le conseil d'administration du lieu culturel de la rue d'Aubervilliers (19e) doit choisir aujourd'hui son nouveau directeur parmi les quatre candidats toujours en lice (lire encadré). Il écopera de la difficile mission de réussir là où ses prédécesseurs ont échoué : développer la dimension locale du lieu et aller à la rencontre de nouveaux publics.

Problèmes financiers
Le poste est vacant depuis que les deux directeurs-fondateurs ont claqué la porte, en mars dernier. Officiellement parce que la Mairie refusait d'augmenter sa subvention annuelle, actuellement de 8 millions d'euros. « Les frais fixes sont tellement élevés qu'il ne restait plus de budget pour la création, dénonce Jean-Marc Adolphe, à l'origine de l'appel “Un autre Centquatre est possible”. Et comme le lieu est obligé d'être à l'affût de locataires pour tenir, seules les structures fortunées peuvent s'y produire. Les associations locales sont exclues. L'intégration dans le quartier n'était pas la priorité des ex-directeurs, qui en ont fait un lieu intimidant, très peu vivant. »
Il est vrai que la fréquentation du lieu – 300 000 visiteurs en tout – déçoit. Les problèmes de budget ont également été régulièrement évoqués. Le rapport d'un ex-directeur financier du Centquatre dénonce un endettement de 3,25 millions d'euros en 2009, soit « plus que la dotation initiale ». La Mairie, qui conteste ces chiffres, a lancé son propre audit. Elle laisse déjà entendre que « le Centquatre n'est pas déficitaire ». Christophe Girard, adjoint (PS) chargé de la culture, reconnaît tout de même quelques difficultés. « La première année, il y a eu des tâtonnements. Mais les contraintes de fonctionnement ne nuisent pas à la création : c'est juste que comme le lieu est grand, ça ne se voit pas. Nous avons eu le courage de voir que nous n'avions pas pris la bonne direction avec l'ancienne équipe dirigeante. Je suis optimiste concernant la capacité du futur directeur, idéalement un bon gestionnaire doté d'une forte sensibilité artistique, à lui donner une nouvelle énergie. »

Candidats

Parmi les 56 candidatures, 4 ont été présélectionnées : Laurent Dréano, directeur des affaires culturelles à Lille et ancien coordinateur de Lille 2004. Il est donné favori. Jean-François Chougnet, actuel directeur du musée Berardo à Lisbonne (Portugal) et ex-directeur du parc de la Villette. José Manuel Gonçalves, le directeur de la ferme du Buisson à Noisiel (Seine-et-Marne). Blanca Li, danseuse et chorégraphe, la chouchoute des artistes.