Ferrara toujours craint et mystérieux

©2006 20 minutes

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« Le roi de la belle » porte toujours aussi beau

Souriant, soigné, sûr de lui, Antonio Ferrara, après plus de deux ans de prison, affiche une sérénité à toute épreuve

Au contraire des policiers en charge de sa surveillance

Hier, pour l'ouverture de son procès pour un braquage commis en 1999, devant la cour d'assises du Val-de-Marne à Créteil, les forces de l'ordre avaient sorti les grands moyens

Avant d'entrer, le public joue à repérer les policiers postés sur les toits

Une fois à l'intérieur, c'est double portique pour tout le monde, et téléphone portable interdit

Dans la salle d'audience, on trouve des policiers en gilet pare-balles et Ferrara, dans un box vitré, entouré de quatre policiers

A 32 ans, il a déjà à son actif deux évasions réussies, dont l'une à l'aide d'un commando armé en mars 2003

La salle guette ses répliques, ses gestes

Tête haute, voix claire, il devance son avocat pour récuser les jurés, se plaint des dysfonctionnements de la justice

Mais refuse de parler de lui : « Je ne vais pas commencer à raconter ma vie

» L'enquête de personnalité n'apprend presque rien

L'homme, arrivé d'Italie en France à l'âge de 10 ans, a été maçon, vendeur de peintures et de pastèques

Il a surtout été maintes fois condamné par la justice

A Créteil, il doit répondre de l'attaque d'un bureau de poste à Joinville-le-Pont en juillet 1999 et d'une fuite avec prise d'otage et tirs sur des policiers

Il risque la perpétuité mais sourit : « Je sais que ce n'est pas sur ma personnalité que vous allez m'acquitter

» Michaël Hadjenberg

envolé Issa Traoré, le complice supposé d'Antonio Ferrara lors du braquage de la poste, n'a pas eu besoin de s'évader. Alors qu'il devait comparaître libre, il ne s'est pas présenté. Il sera quand même jugé.