« J'ai un déficit de notoriété mais je le rattraperai vite »

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Interview de Claude Goasgen, candidat à la candidature UMP à la mairie de Paris

La place de Paris à l'international est au coeur de votre programme. Quelles sont vos autres pistes de réflexion ?
Il faut présenter une gestion transparente : organiser des audits, des référendums locaux, notamment sur la circulation. Demander aux Parisiens s'ils veulent garder les couloirs de bus à 4,50 m, comme sur le boulevard Magenta, ou les ramener à 3,50 m. Pour moi, c'est un mur dressé en plein Paris.

Vous voulez aussi « rééquilibrer » les rapports de Paris avec les villes voisines...
Oui, Delanoë est en train de faire de Paris une ville où se concentrent les restaurants, les musées, les magasins. Les entreprises, elles, vont de l'autre côté du périphérique.

Comment les attirer à Paris ?
La Mairie doit s'engager dans trois secteurs. Celui des universités, de la recherche et des PME innovantes. Celui du tourisme : on a un nombre de visiteurs considérable, mais sur le plan de la rentabilité, Paris est une des dernières en Europe. Et l'aide à la personne est aussi un marché d'emplois gigantesque, sur lequel il n'y a que des associations.

Vous accusez le maire de ne pas lutter contre la flambée des prix de l'immobilier. A-t-il le pouvoir de le faire ?
La Ville contribue à la hausse des prix, car elle rachète des immeubles, ce qui est stupide. Si j'étais investisseur, je vendrais à tour de bras, puisque la Ville de Paris est un bon payeur. Il faudrait au contraire qu'elle vende.

Vous critiquez la politique de circulation. Que feriez-vous ?
Equiper l'administration de voitures propres. Relancer une politique de parkings, dans et autour de Paris. Et je considère le tramway comme une erreur.

C'est pourtant un projet de Jean Tiberi...
J'étais déjà contre sous Tiberi. Le tramway, c'est 3 000 personnes à l'heure, le bus PC, 2 200. 750 millions d'euros pour 800 personnes de plus, ça fait cher du voyageur.

Quelle serait la priorité selon vous ?
Prolonger les lignes de métro, le climatiser. Rendre les bus électriques. Mais la RATP ne peut pas le faire, à cause des crédits mangés par le tramway. Il faudrait aussi lancer le projet Orbital, qui vise à joindre les bouts de lignes de métros en banlieue.

Parlons de la campagne : est-ce le bon moment pour lancer des primaires à deux ans des élections municipales ?
C'est un peu tôt. Mais on fait ça car la division était telle qu'il fallait donner une légitimité à une droite qui avait une image en lambeaux. De plus, on a du mal à sensibiliser les gens car les nouveaux adhérents sont venus pour Sarkozy et la présidentielle

La droite doit-elle travailler son image ?
L'inexpérience de la droite dans le débat est un vrai handicap. La gauche a l'habitude car elle a longtemps été dans l'opposition. La droite, elle, est obligée d'élaborer pour la première fois un vrai projet politique pour Paris. Bernard Debré [député voulant rejoindre l'UMP] s'est déclaré candidat mais ne participe pas aux primaires. Il n'attaque pas Delanoë, il nous attaque nous. C'est un travail de sape négative, la méthode n'est pas bonne.

Ne manquez-vous pas de notoriété ?
J'ai un déficit, mais je le rattraperai vite. Delanoë en face de Lang était inexistant sur le plan de la notoriété en 2000, ça ne l'a pas empêché de gagner.

Le parachutage d'un candidat de dernière minute est-il possible ?
Tout va dépendre de la présidentielle : si la gauche l'emporte, il n'y aura pas beaucoup de volontaires pour affronter Delanoë et Sarkozy m'a dit « jamais ». Si la droite est élue, il faudra vraiment un premier couteau pour dire aux 20 000 adhérents parisiens qu'ils ont voté pour rien.

Le combat contre Delanoë sera-t-il difficile ?
On va pouvoir montrer une opposition crédible sur le fond, ce qui n'était pas le cas il y a trois ans. Paris sera difficile à reprendre car un maire élu en premier mandat a tendance à dire qu'il peut mieux faire. Les autres candidats ne réalisent pas à quel point ça va être dur. La gauche s'implante. Elle constitue désormais une force redoutable.

Recueilli par M.G et M.B