« Plus d'établissements prioritaires en 2006 qu'en 2005 »

©2006 20 minutes

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Gilles de Robien Ministre de l'Education nationale

Votre réforme de l'éducation prioritaire signifie-t-elle plus de moyens pour les uns et moins pour les autres ? Pour que le mot prioritaire ait tout son sens, je vais donner des moyens supplémentaires à 200-250 collèges et à toutes les écoles du même secteur, qui formeront des réseaux « ambition réussite »

Ils bénéficieront de 1 000 professeurs supplémentaires expérimentés et 3 000 assistants pédagogiques aideront en plus à l'accompagnement scolaire individuel le soir

Chacun de ces établissements devra aussi avoir une infirmière

Pour un collège, cela fait 10 % d'enseignants en plus à la rentrée 2006 ! Que deviendront les trois quarts des collèges actuellement classés ZEP qui ne rentreront pas dans ce dispositif ? Tous resteront classés dans l'éducation prioritaire

Certains collèges entreront dans le dispositif « ambition réussite »

Seuls ceux dont la sociologie a changé et qui auront atteint les objectifs sortiront du système prioritaire, d'ici à trois ans

Il y aura au total plus d'établissements en éducation prioritaire à la rentrée 2006 qu'en 2005

Depuis l'agression d'une enseignante dans sa classe à Etampes, on parle beaucoup plus de violence scolaire

Est-ce un effet de loupe ? Nous n'avons pas constaté d'accélération du nombre des signalements dans les établissements scolaires

Le dernier trimestre 2005 était même inférieur au dernier trimestre 2004, et le cas d'Etampes reste exceptionnel

Ne craignez-vous pas de mettre le feu aux poudres en parlant de police dans les écoles ? Si l'on veut que les enseignants enseignent, il faut un climat serein

C'est pour cela que j'ai demandé à tous les établissements de préparer un plan de prévention contre la violence

Ils pourront dans ce cadre demander la présence d'un policier

J'ai aussi demandé qu'à la rentrée 2006, tous les collèges prévoient une « note de vie scolaire » pour donner des repères aux élèves : si l'on est par exemple délégué de classe, on aura une note positive qui reconnaît cet effort, mais si l'on commet une incivilité, on sera sanctionné par une note négative

Comment jugez-vous le recours accru des enseignants au droit de retrait ? Je comprends l'émotion des enseignants face à la violence à l'école

Je travaille d'ailleurs à une révision du cahier des charges des IUFM car il est dommageable que l'école des enseignants n'ait jamais prévu des cours de comportement ou d'animation de groupe comme il y en a dans les entreprises

Le droit de retrait souligne la vulnérabilité de l'Education nationale et ne facilite pas le dialogue

Que répondez-vous aux enseignants qui occupent les écoles ? Je rappelle qu'une occupation d'école n'est pas légale, c'est donc un signal extrêmement négatif vis-à-vis des jeunes, qui risque d'être pris en exemple

Recueilli par Sophie Caillat