Paris

Médecins et infirmiers psychiatriques en ordre de marche

Après le drame de Pau puis l’affaire de maltraitances à l’hôpital Esquirol de Saint-Maurice (94), les membres des services psychiatriques semblent de plus en plus mobilisés. Ils étaient nombreux hier matin à Paris, parmi le millier de manifestants, person

Après le drame de Pau puis l’affaire de maltraitances à l’hôpital Esquirol de Saint-Maurice (94), les membres des services psychiatriques semblent de plus en plus mobilisés. Ils étaient nombreux hier matin à Paris, parmi le millier de manifestants, personnels des hôpitaux publics et privés franciliens, qui défilaient entre Denfert-Rochereau et le ministère de la Santé pour réclamer « plus de moyens ». Praticienne psychiatre à l’hôpital du Sud francilien, Rachel Erlich-Giovanni est venue de Corbeil-Essonnes (91) dénoncer l’insuffisance des effectifs dans son service. « Chez nous, il est prévu 8,5 postes de psychiatres pour 58 000 habitants. Depuis un an, deux ne sont pas pourvus faute de candidats. Il faut douze ans d’études pour former un psychiatre. Le gouvernement doit ouvrir plus largement la porte aux médecins étrangers. Nous n’avons pas d’autre choix. » Infirmier dans un établissement spécialisé de Seine-Saint-Denis, cet autre manifestant préfère rester anonyme. « Les services qui traitent les malades mentaux lourds sont victimes de la double peine. Leur très mauvaise image fait qu’ils souffrent d’autant plus du manque d’infirmiers. Il y a quelques années, face à un patient qui faisait une crise et était violent, on mobilisait une dizaine de personnes, on cherchait à le cadrer pour faire retomber son agressivité. En l’absence de personnel, on a désormais plus vite recours aux injections de calmants ou à la mise à l’isolement. On fait de plus en plus de gardiennage, de moins en moins de thérapeutique. » Jeudi, des représentants de services psychiatriques de toute la France doivent se retrouver à Saint-Maurice pour lancer un appel à la mobilisation nationale. Grégory Magne