Inquiétude sur les maisons de retraite

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Hygiène douteuse, alimentation inadaptée, erreurs de médication... Les proches des résidents de la maison de retraite du Petit Bois à Evry (91) sont furieux et surtout inquiets. Soutenus par le député-maire, Manuel Valls (PS), une quarantaine d’entre eux sont venus manifester avant-hier devant l’établissement. « Je dois amener à manger tous les jours à ma mère », accuse ainsi le fils d’une résidente. « Ce ne sont tout de même pas aux enfants de s’occuper des toilettes ! », s’indigne un autre proche. Ici, le manque de personnel est criant : deux infirmières et huit aides soignantes pour  71 résidents, et pas de médecin coordinateur. « Le taux d’encadrement moyen en France est de 4,2 soignants pour 10 résidents, ce qui est déjà nettement insuffisant », explique Claudy Jarry, président de la Fédération des directeurs d’établissement, pour qui le manque d’effectif est la première cause de maltraitance. A Evry, on déplore par exemple l’hospitalisation avec deux jours de retard d’une vieille dame victime d’une chute, un jour sans infirmière. Faute de coordination, une autre pensionnaire, diabétique et asthmatique, n’a pas reçu son traitement correctement. Contactée, la maison de retraite du Petit Bois n’a pas souhaité nous répondre. Un conseiller général (Divers gauche) d’Essonne révèle que 37 maisons du département affichent un taux de personnel insuffisant. Pour l’Afpap, association qui lutte contre la maltraitance des personnes âgées, le cas n’est pas isolé, mais la prise de parole publique des familles est une première. « Par manque de connaissance, ou peur de représailles, il s’instaure une véritable “loi du silence”. »   Véronique Hunsinger

alerte Le conseil général de l’Essonne  installera début février avec la préfecture un  dispositif de surveillance et de contrôle  de maisons de retraite  du département qui devra jouer un rôle d’alerte  des  dysfonctionnements.