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ViolencesLa station de métro « Gainsbourg » crispe des élus de Paris

Un « misogyne notoire »… Le nom de la future station de métro « Serge Gainsbourg » crispe au Conseil de Paris

ViolencesL’élue écologiste Raphaëlle Remy-Leleu demande à la mairie de faire pression sur l’opérateur du métro parisien pour qu’il revienne sur son choix de baptiser une station de métro du nom du chanteur controversé
Serge Gainsbourg a écrit des chansons qui constituent pour ses détracteurs des apologies de l’inceste et des violences.
Serge Gainsbourg a écrit des chansons qui constituent pour ses détracteurs des apologies de l’inceste et des violences. - PHILIPPE WOJAZER / AFP
Aude Lorriaux

A.L.

«Choisir d’honorer les femmes et de reconnaître les victimes impose d’arrêter de valoriser les agresseurs » : c’est en ces termes que Raphaëlle Remy-Leleu, élue du Groupe Les Ecologistes au Conseil de Paris, a introduit mardi son propos sur la future station de métro Serge Gainsbourg. L’arrêt doit ouvrir au premier semestre 2024 sur la ligne 11 du métro francilien, après Mairie des Lilas, aux Lilas donc, en Seine-Saint-Denis, mais le nom sera visible sur toute la ligne de métro, donc dans Paris.

La station est dans le viseur des féministes depuis des mois, et notamment depuis le lancement d’une pétition en novembre 2023, qui a recueilli à ce jour plus de 16.000 signatures. « Les violences envers les femmes et les tendances pédocriminelles voire incestueuses de Serge Gainsbourg (pour ne citer qu’elles) sont pourtant de notoriété publique, et nous sommes révolté.e.s que sa personne soit mise à l’honneur dans le métro de Paris », dénonce le texte de la pétition.

« Lemon Incest », apologie de l’inceste ?

Serge Gainsbourg a écrit des chansons qui constituent pour nombre de commentateurs et commentatrices des apologies de l’inceste et des violences. Il a fait chanter sa fille de 12 ans en tee-shirt et culotte dans un morceau au nom explicite : Lemon Incest. A 15 ans Charlotte Gainsbourg chantait « Papa papa j’ai peur/De goûter ta saveur ». « Il me faisait aller trop loin » a déclaré sa fille elle-même, une fois adulte. L’artiste est aussi accusé d’avoir enregistré les cris d’une de ses compagnes à son insu, et de les avoir utilisés sans son consentement dans Love on the beat. Il a aussi déclaré dans une interview : « Je pratique la politique de la femme brûlée : je brûle toutes celles que j’ai adorées », rappelle la pétition. La liste n’est pas exhaustive.

« Je vous demande aussi d’imaginer ce que cela peut représenter pour les victimes d’être assise chaque matin dans le métro et de voir un nom en bout de ligne : Serge Gainsbourg. Serge Gainsbourg, misogyne notoire et auteur de paroles célébrant avec délectations féminicides et pédocriminalité, a expliqué Raphaëlle Remy-Leleu en Conseil de Paris. J’espère que notre Ville pourra réclamer à Ile-de-France Mobilités (l’opérateur du métro parisien) de revenir sur ce projet et de changer la signalétique qui nous est pour le moment promise. »

« Je n’ai pas envie d’aller plus loin », a répondu Karen Taïeb, Adjointe à la Maire de Paris en charge du patrimoine, rappelant qu’il y avait à Paris déjà un musée Gainsbourg et un jardin qui portaient son nom, et exprimant son regret que l'intervention de Raphaëlle Remy-Leleu, qui portait sur une subvention pour l'association Aware (Archives of Women Artists, Research and Exhibitions), n'ait pas plus parlé de cette association, dont la mission est selon son site Internet de « réécrire l’histoire de l’art de manière paritaire » et de « replacer les artistes femmes au même plan que leurs homologues masculins et de faire connaître leurs œuvres ».

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