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SubventionsLe vote de la subvention au lycée Stanislas par la région fait bondir la gauche

Affaire Stanislas : Le vote d’une subvention de plus de 900.000 euros par la région fait bondir la gauche

SubventionsLa présidente de région Ile-de-France justifie le financement de l’établissement privé parisien en indiquant ne faire « qu’appliquer la loi »
La gauche régionale accuse Valérie Pécresse d'un soutien sans faille à l'éducation catholique. (Illustration)
La gauche régionale accuse Valérie Pécresse d'un soutien sans faille à l'éducation catholique. (Illustration) - JEANNE ACCORSINI/SIPA / SIPA
Romarik Le Dourneuf

R.L.D.

Passe d’armes au conseil régional d’Ile-de-France. La raison ? Le financement du lycée Stanislas. Ce mercredi, le conseil régional a voté en commission permanente une subvention publique de 917.000 euros pour l’établissement parisien privé (6e arrondissement) au cœur de plusieurs polémiques depuis plusieurs semaines.

Tout sauf une surprise puisque Valérie Pécresse, présidente de région, avait déjà annoncé maintenir cette subvention qui correspond à 70 % de l’enveloppe annuelle (forfait d’externat annuel obligatoire) versée à l’école catholique. Le solde devrait être versé en juillet prochain. Pour justifier le maintien du financement, la présidente a indiqué ne faire « qu’appliquer la loi », même si elle admet des « manquements » au lycée Stanislas, pour lesquels elle assure avoir saisi le rectorat et le ministère de l’Education nationale.

La gauche aurait alerté Valérie Pécresse à sept reprises

« Tous ceux qui prendraient des décisions différentes, c’est-à-dire qui suspendraient les forfaits d’établissement même à titre conservatoire, se verraient obligés de les réintégrer dans leur budget de force par le préfet de région », a ajouté Valérie Pécresse. Son vice-président en charge des lycées, James Chéron, a même contre-attaqué l’opposition, rapporte BFMTV : « Pour vous, lorsqu’il y a enquête, il y a culpabilité. »

Une justification insuffisante pour l’opposition de gauche qui accuse l’ancienne candidate à l’élection présidentielle de « complicité » au regard de ses positions vis-à-vis de l’établissement depuis le début des enquêtes. En effet, selon Céline Malaisé, présidente du groupe La Gauche Communiste Écologiste et Citoyenne, Valérie Pécresse était au courant de l’ouverture d’une enquête « à charge » de l’inspection de l’Éducation nationale sur l’établissement Stanislas qui « se soustrait à ses obligations légales et au respect des valeurs de la république à cette reprise ».

Le « devoir de sécurité morale et physique » des élus envers les mineurs

Selon l’élue, son groupe aurait même alerté la présidente de région à sept reprises sur les pratiques de l’établissement, sur des faits « à l’encontre de mineurs » envers qui les élus ont un « devoir de sécurité morale et physique ». Ce à quoi la région répond que c’est du ressort de l’Education nationale.

Pour Céline Malaisé, Valérie Pécresse ne pouvait ignorer ce que révélait l’enquête, « le non-respect de la loi Debré, de la liberté de conscience d’élève mineur le non-respect de certaines dispositions du code de l’éducation, des choix et des comportements qui entretiennent des stéréotypes de sexe, des comportements sexistes et homophobes et un système de contournement de la procédure parcours Sup » et aurait dû saisir l’article 40 du code de procédure pénale.

Ce qui n’aurait pas empêché la région d’accorder une subvention « extralégale » (subventions facultatives) pour la remise en état de deux ascenseurs et d’une centrale d’air en juillet 2023. Céline Malaisé ajoute que la région avait refusé de diffuser l’appel à témoignage pendant l’enquête en question.

Pourtant, James Chéron assure « qu’à ce jour la collectivité Île-de-France n’a jamais eu transmission du rapport », un rapport « très clair », qui « met en lumière, un certain nombre de manquements et liste des recommandations qui mettent en cause le rectorat, l’État et l’évêché ».

Un milliard investi pour les lycées publics, rappelle la région

« Alors aujourd’hui, vous ne pouvez pas vous cacher derrière vos obligations légales […] aujourd’hui vous êtes dans une cécité qui confine à la complicité », ajoute la conseillère régionale qui appelle Valérie Pécresse à ses responsabilités en suspendant « à titre conservatoire » la subvention votée et en demandant le remboursement de celle, accordée en juillet dernier.

De son côté, Christophe Prudhomme, opposant du groupe LFI et apparentés, a reproché à Valérie Pécresse son « soutien inconditionnel » à l’enseignement catholique, et d’avoir financé au-delà des obligations légales un lycée « richissime ».

La région prévoit « un milliard d’euros en investissements cette année auprès des lycées publics » et seulement « onze millions pour les lycées privés, c’est-à-dire 1,1 % (du budget) pour 20 % des élèves », a répondu la présidente de région.

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