Mineurs envolés, mineurs en danger

William Molinié

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Hier, à l'Hôtel de Ville, le comité de soutien aux proches d'Estelle a lancé un nouvel appel.
Hier, à l'Hôtel de Ville, le comité de soutien aux proches d'Estelle a lancé un nouvel appel. — Serge Pouzet / 20 Minutes

Leurs visages tapissent les murs des commissariats parisiens. Hier soir, à l'occasion de la Journée internationale des enfants disparus, parents et proches ont redonné une âme à ces portraits qui ne vieillissent plus que par ordinateur. Estelle Mouzin, le « petit Jérôme », les enfants Falck… Ceux-là n'ont jamais été retrouvés et font toujours l'objet d'une instruction judiciaire. Mais heureusement, la grande majorité des disparitions d'enfants ne sont pas des enlèvements. L'année dernière, 1 500 jeunes ont été signalés à la brigade de protection des mineurs (BPM) de la préfecture de police. Il s'agissait pour la plupart de fugueurs âgés de 13 à 17 ans, retrouvés dans les quarante-huit heures.

Les filles disparaissent davantage
Les raisons : escapades amoureuses, mésentente avec les parents, échec scolaire… Ou, plus grave, tendance suicidaire, équilibre fragile, maladies neurologiques… « Chaque fugue est unique et nous devons l'analyser comme un cas bien particulier », confie Thierry Boulouque, commissaire divisionnaire, chef de la BPM. Dans la région, les filles sont les championnes des disparitions. « Sans doute parce que les parents s'inquiètent plus rapidement pour leur fille. En revanche, il y a davantage de garçons de très jeune âge qui fuguent », analyse-t-il. « Un mineur en fugue est un mineur en danger. Il faut agir rapidement », prévient Alain Boulay, le président de l'Aide aux parents d'enfants victimes (Apev)*. Une trentaine de fugueurs, placés en foyer, sont bien connus des services de police. Les plus chevronnés s'échappent trois fois par semaine. Passé 18 ans, ils ne sont pas recherchés. Sauf pour les cas particuliers : fragilité sociale, maladies, soupçons d'enlèvement… « Les majeurs ont le droit de disparaître », précise Thierry Coulon, le président de l'Assistance recherche aux personnes disparues (ARPD)* d'Ile-de-France