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TransportBeaune refuse de valider le passage du périphérique parisien à 50 km/h

L’Etat « ne validera pas » la limitation à 50 km/h sur le périphérique ? Tant pis, la Mairie de Paris y va quand même

TransportLa Mairie de Paris veut mettre en place cette mesure après les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024
Clément Beaune, ministre délégué en charge des transports, refuse de valider la limitation de la vitesse sur le périphérique parisien. (Illustration)
Clément Beaune, ministre délégué en charge des transports, refuse de valider la limitation de la vitesse sur le périphérique parisien. (Illustration) - Tom Nicholson//SIPA / SIPA
Romarik Le Dourneuf

R.L.D. avec AFP

La guerre continue entre l’Etat et la Ville de Paris sur la question des transports. Interrogé sur ce sujet chez nos confrères de France Info, le ministre délégué en charge des transports, Clément Beaune, a assuré que l’Etat « ne validera pas » la limitation à 50 km/h voulue par la Mairie de Paris sur le périphérique parisien à la fin de l’année 2024.

« Je pense que ce n’est pas une bonne idée à court terme d’avoir cette limitation de vitesse » et « à la fin de l’année 2024, nous ne prendrons pas la décision, nous ne validerons pas la décision » de limiter la vitesse à 50 km/h, a-t-il expliqué.

Une limitation prévue après les JO de Paris 2024

Cette mesure, envisagée depuis de nombreux mois par la municipalité, a été confirmée à la fin du mois de novembre pour une mise en place « quelques semaines après la fin des Jeux olympiques et paralympiques » qui doivent se terminer le 8 septembre 2024, avait affirmé David Belliard, adjoint d’Anne Hidalgo en charge des transports, voulant profiter de l’héritage des JO pour pérenniser cette mesure.

Si le périphérique « est géré par la Ville de Paris », un changement de la limitation de vitesse nécessite « évidemment une validation de l’État », a fait valoir Clément Beaune, se disant cependant « ouvert » à l’idée d’une voie réservée. « Je pense que c’est une bonne chose », a-t-il noté.

Cette mesure a surtout pour objectif de réduire la pollution et les nuisances sonores, notamment la nuit pour les 500.000 personnes qui vivent à proximité immédiate de cet axe, souvent dans des quartiers populaires, selon la Mairie de Paris.

La Mairie de Paris maintient son projet… mais devra s’arranger avec la préfecture de police

Une motivation suffisante pour la Mairie de Paris qui confirme ce jeudi à 20 Minutes qu’elle maintient son projet par la voie de David Belliard : « Encore une fois, le Gouvernement choisi la petite polémique et cède aux sirènes des lobbies pro-voitures. C’est insupportable que ce manque de courage se fasse au détriment des personnes vivant à proximité du périph, qui sont empêchées de dormir à cause du bruit. Le passage à 50 km/h est la première étape de la transformation du périphérique en boulevard urbain, qui devrait être un horizon qui nous rassemble tous. C’est le sens de l’Histoire. Je ne lâcherai rien contrairement à ce gouvernement qui parle beaucoup d’écologie mais n’en fait jamais. »

Si la loi du 28 février 2017 sur le statut de Paris donne la main sur la majeure partie des axes routiers de la capitale, le périph' est une exception. A nos confrères du Parisien, la préfecture de police, qui dépend du ministère de l’Intérieur, précisait en 2022 : « Le boulevard périphérique parisien fait partie de la liste des routes à grande circulation déterminées par le décret n°2009-615 du 3 juin 2009. C’est la seule route parisienne de cette nature. À ce titre, en application de l’article L.110-3 du Code de la route, le maire de Paris est tenu de communiquer au préfet de police, avant leur mise en œuvre, les projets de modification des caractéristiques de ces voies et toutes mesures susceptibles de rendre ces routes impropres à leur destination. »

Un avis contraire à celui de la mairie qui maintient sa position : « Je vous confirme que nous baisserons la vitesse », a déclaré lors d'une conférence de presse Emmanuel Grégoire, premier adjoint d'Anne Hidalgo, qui souligne qu'un maire « peut, dans le cadre de ses pouvoirs de police, diminuer la vitesse au motif de la sécurité ou de l'environnement ».

Voilà qui promet encore un long bras de fer…


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