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REJETLe QR code des JO ? « Ça va nous pourrir la vie », taclent les Parisiens

JO de Paris 2024 : Entre zonages et QR code, les Parisiens dénoncent une circulation qui va leur « pourrir la vie »

REJET
Face aux restrictions de circulation annoncées pendant les Jeux olympiques 2024, les Parisiens grimacent
De très nombreux restrictions et contrôles seront mis en place pendant les épreuves de JO de Paris 2024. (Illustration)
De très nombreux restrictions et contrôles seront mis en place pendant les épreuves de JO de Paris 2024. (Illustration) - FREDERIC DIDES/SIPA / SIPA
Romarik Le Dourneuf

Romarik Le Dourneuf

L'essentiel

  • Le préfet de police de Paris, Laurent Nunez, a dévoilé la gestion de la circulation pendant les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024.
  • Et cela va être « hardcore », comme l’avait annoncé le ministre délégué aux transports, Clément Beaune, à la mi-novembre.
  • Entre QR Code, zone bleue ou rouge, le plan de circulation risque de donner des maux de tête aux Parisiens, riverains ou commerçants. Notamment à Annick, gérante de salle d’un restaurant situé à quelques pas du Champs-de-Mars qui « priera » tous les jours.

Laurent Nunez, le préfet de police de Paris, a annoncé ce mercredi une série de mesures et de restrictions de circulation appliquées pendant les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. QR Code pour entrer dans certaines zones, interdiction de circulation pour les voitures et deux-roues motorisés, etc. Et, il fallait s’y attendre, elles passent mal.

Notamment auprès des riverains de ces zones bleues et rouges. En sortant de l’immeuble où il réside sur le quai d’Orsay, Jean ne cache pas son agacement à 20 Minutes à l’évocation des Jeux, « cette grande mascarade » à laquelle il refuse de participer. « Leur badge [le QR code] ils peuvent le garder. Je quitte Paris tout l’été pour aller dans ma maison en Vendée », ajoute la Parisien. Si on comprend que la décision de Jean était prise avant l’annonce des restrictions, ce dernier fulmine en apprenant que son habitation se trouve dans une zone dite « bleue ». Résultat, il devra présenter un justificatif pour pouvoir circuler en voiture dans son quartier : « Et pourquoi pas un nez de clown tant qu’on y est ? Ils nous ont pris pour des animaux élevés en batterie ou quoi ? » Et la cérémonie d’ouverture qui passe sur la Seine, à quelques dizaines de mètres de ses fenêtres ? Jean « s’en fiche » et ne veut pas la voir.

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Son voisin, Gary, lui, sera bien à Paris pendant les JO, « travail oblige » : « je suis content de vivre un tel événement, et je comprends qu’il nécessite une telle organisation. Mais bloquer tout le quartier une semaine avant, c’est quand même contraignant. » Conducteur d’un scooter, Gary devra aussi justifier de son domicile pour entrer dans son quartier. Il a un temps envisagé de prendre les transports en commun, « mais avec les tarifs qu’ils préparent… »

« Ils ont encore trouvé un moyen de nous pourrir la vie »

Quant à Victor, qui gère un magasin d’ustensiles de cuisine sur l’avenue de Suffren, il imagine déjà un été noir : « la circulation sera fermée dans tout le secteur de la Tour Eiffel. Sauf que ma clientèle, principalement asiatique, circule en bus. Je ne vais voir personne passer ma porte pendant deux mois ». « L’intérêt du bus, c’est de pouvoir faire toutes ses courses en les mettant dans la soute… », avance encore le commerçant qui imagine mal les touristes se balader avec une cocotte-minute sous le bras.

Comme lui, Hervé envisage de fermer boutique pendant deux mois. Sa cave à vin, l’Ampelos, se situe à quelques pas du Palais Bourbon, de la Seine et à quelques rues et des Invalides et de la Concorde, deux sites olympiques. Il se trouve en pleine zone bleue. « Ils ont encore trouvé un moyen de nous pourrir la vie », peste le caviste, selon qui « les JO de Paris ne sont pas les JO des Parisiens ». La clientèle d’Hervé, aussi bien locale qu’internationale, ne résistera, selon lui, pas aux contraintes imposées par la préfecture de police : « Et que dire de mes fournisseurs ? Vous savez comme c’est difficile de circuler en temps normal pour les livreurs. Avec ça, ils ne vont qu’augmenter les bouchons. »

Annick ne fermera pas pendant les Jeux… en revanche, elle « priera » tous les jours. Annick est gérante de salle d’un restaurant situé à quelques pas du Champs-de-Mars, en pleine zone rouge. Pour elle, l’espoir réside dans les touristes venus spécialement pour les Jeux. En temps normal, une « belle partie » de sa clientèle est composée de Parisiens et de Franciliens « souvent âgés » et venant en voiture. Alors Annick imagine déjà voir les réservations s’effondrer à l’idée que les seniors gourmands aient plusieurs centaines de mètres à marcher pour rejoindre le restaurant. « J’espère que le flux de touristes généré par les JO va compenser », souffle-t-elle, appuyant l’idée que les JO s’éloignent de plus en plus des Parisiens… et inversement.

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