20 Minutes : Actualités et infos en direct
EMPLOIComment l’Île-de-France veut se « réindustrialiser »

Un annuaire et 400 millions d’euros… Valérie Pécresse présente un plan pour « réindustrialiser » l’Île-de-France

EMPLOILa région crée un annuaire du foncier disponible et un fonds d’investissement de 400 millions d’euros pour attirer les entrepreneurs et décarboner l’industrie
Valérie Pécresse pose avec les représentants des dix lauréats de l'appel à projet « PM’UP Jeunes pousses industrielles ». Saint-Ouen, le 24 octobre 2023.
Valérie Pécresse pose avec les représentants des dix lauréats de l'appel à projet « PM’UP Jeunes pousses industrielles ». Saint-Ouen, le 24 octobre 2023.  - R.Le Dourneuf / 20 Minutes / 20 Minutes
Romarik Le Dourneuf

Romarik Le Dourneuf

«Ce qui me gêne, c’est que les entreprises font de la recherche en Île-de-France, elles créent même leur prototype dans la région, mais quand elles doivent produire, elles partent dans le Tarn-et-Garonne. » En quelques mots, Valérie Pécresse résume les difficultés de l’Île-de-France à développer son industrie.

Aussi, ce mardi, la présidente de l’Île-de-France a présenté ses axes pour réindustrialiser et décarboner l’industrie de la région devant un parterre d’acteurs du secteur.

Un annuaire du foncier disponible

Deuxième région industrielle de France avec 400.000 employés, derrière l’Auvergne-Rhône-Alpes, l’Île-de-France peine à attirer davantage, notamment en raison de foncier disponible.

C’est pourquoi la région a identifié 150 sites et souhaite créer un « annuaire » à la disposition des entrepreneurs. « Nous allons mettre une carte en ligne pour tous les investisseurs qui voudraient s’implanter en Île-de-France », explique Valérie Pécresse.

2.000 hectares pour les activités productives

Sur ces 150 sites, 80 sont déjà disponibles, ou le seront à court terme et représentent 550 hectares. Les autres devraient l’être à moyen ou long terme et représenteront 950 hectares. « En plus de l’étude, le Schéma directeur de l’Île-de-France (SDRIFe) prévoit en plus 540 hectares d’extension réservés à l’industrie, permettant de dépasser les 2.000 hectares pour les activités productives », indique la région dans sa présentation.

Présent aux côtés de Valérie Pécresse, Olivier Pagezy, directeur général Investissements et Territoires de la région a précisé que ces sites présentent des superficies allant d’un à cinquante hectares (la majorité se situe entre un et cinq hectares). L’ex-candidate à l’élection présidentielle a profité de la présentation pour demander au gouvernement d’assouplir les règles et procédures en matière d'implantation industrielle : « La moyenne est de 17 mois en France, contre 9 en Allemagne. Pour ce qui est des projets en lien avec l’hydrogène, il faut cinq ans ici, contre seulement 18 mois aux Etats-Unis, il a des progrès à faire. »

400 millions d’euros pour attirer les start-up et décarboner l’industrie traditionnelle

En plus d’aiguiller les industriels, la région compte créer, au deuxième trimestre 2024, un fonds souverain régional avec un premier investissement de 400 millions d’euros sur cinq ans qui comprendra deux volets. Un premier doté de 65 millions d’euros qui sera un fonds de réindustrialisation pour les start-up de « deeptech », « des entreprises innovantes sur l’économie circulaire et l’énergie ».

Le second volet, de 65 millions également, sera à destination des industries traditionnelles qui souhaitent décarboner leur activité. Il consistera en des prêts de 500.000 euros « avec un décalage de deux ans pour le remboursement ».

A la suite de cette présentation, la présidente de région s’est chargée de présenter, et de féliciter, dix start-ups franciliennes lauréates de l’appel à projet « PM’UP Jeunes pousses industrielles » qui ont gagné des subventions de l’ordre de 380.000 à 1,2 million d’euros. Récupération de bois pour la chaufferie industrielle, création de briques de textiles recyclés, production de diamants synthétiques… Les bénéficiaires de ce programme devraient, selon la région, pouvoir créer 273 emplois en Île-de-France.

Des emplois parmi lesquels se trouveront peut-être des personnes formées localement. La région déploie une aide aux entreprises de 2.000 euros pour chaque stagiaire « entrant dans une formation aux métiers de l’industrie de plus de 600 heures », une aide aux écoles de formation de 5.000 euros par jeune et la création de trois nouvelles écoles sur les métiers de la métallerie et de la chaudronnerie, à Argenteuil, Montereau-Fault-sur-Yonne et Poissy, en 2024.

Sujets liés