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CULTUREPas convaincu par la direction, le mouvement de grève continue à Pompidou

Centre Pompidou : Face aux « flous » de la direction, les personnels poursuivent le mouvement de grève

CULTURESi le musée reste ouvert ce mercredi, d’autres fermetures sont à prévoir dans les jours à venir
Le musée Beaubourg, Centre Georges Pompidou à Paris.
Le musée Beaubourg, Centre Georges Pompidou à Paris.  - R.Le Dourneuf / 20 Minutes / 20 Minutes
Romarik Le Dourneuf

Romarik Le Dourneuf

L'essentiel

  • Les personnels du centre Pompidou ont lancé un mouvement de grève le lundi 16 octobre pour protester contre les conditions du déménagement à venir du musée d’art moderne et de différentes structures y attenant.
  • Le centre Pompidou, qui abrite le musée d’art moderne, une bibliothèque et de nombreux espaces de médiation culturelle doit fermer pendant cinq ans, de 2025 à 2030, pour subir d’importants travaux de désamiantage et de rénovation.
  • Si les agents de la BPI et de l’Ircam connaissent déjà leur future destination, 500 agents du musée seront redéployés entre le Grand Palais qui accueillera une partie des expositions, et les sites de réserves du centre Pompidou.

Ils n’ont pas été convaincus. Ce mercredi, à l’issue d’une assemblée générale de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, Unsa et SUD), les personnels du centre Pompidou ont choisi de prolonger le mouvement de grève initié le 16 octobre dernier.

Après quatre jours de grève et de fermeture du centre, les salariés espéraient obtenir des garanties sur la pérennité des postes et des missions lors de la fermeture pour cinq ans, à partir de 2025, du Centre Pompidou. Raté.

Des propositions « floues » de la direction, qui avance pourtant avoir « entendu » les revendications

« Les personnels ont voté massivement pour le prolongement du mouvement de grève », explique Smael Bendaoud, délégué syndical FO. Les demandes de maintien des effectifs, de la masse salariale, la non-externalisation des services et des missions et un site unique en gestion propre pour continuer l’activité d’exposition du Centre Pompidou, n’ont pas été réellement entendues selon les syndicats. « Les propositions sont assez floues, explique à 20 Minutes le syndicaliste qui pointent de nombreuses propositions litigieuses dans le texte, par exemple ils garantissent la non-externalisation des services mais pas des missions. »

La direction et le ministère de la Culture confiaient pourtant, ce mardi soir lors d’un point presse, avoir « entendu » les revendications, en exposant un protocole d’accord « qui répond aux demandes et inquiétudes » des grévistes, à l’exception du site unique. « Une revendication explorée, mais pas retenue », précise le ministère.

Des zones d’ombre

« Nous sommes plus que jamais déterminés à trouver une issue positive à cette situation », ajoute Laurent Le Bon, le président du Centre Pompidou qui s’est engagé à ce que tous les agents « aient une activité pendant la fermeture progressive » du centre et qu'« aucun départ ne soit contraint, hormis chez les vacataires et CDD liés à l’activité ». Il a également ajouté que le montant de la masse salariale couvrira les rémunérations de l’ensemble des agents en CDI, de certains contrats à durée déterminée (CDD) et des fonctionnaires.

« Nous avons étudié leur texte ligne par ligne, explique Ollivier Melt, secrétaire Unsa, mais beaucoup de nos demandes sont modifiées ou ignorées. Sur certains points, on revient même en arrière. » Le responsable syndical regrette le flou entretenu par la direction sur de nombreux points et cite en exemple le cas des conférenciers qui travaillent sur « temps incomplets » : « Leur contrat indique une trentaine d’heures par mois. Mais en réalité ils font deux à trois fois plus en “heures complémentaires”, or le maintien de cette rémunération n’est pas prévu dans le protocole d’accord. Et les postes libérés par les départs en retraite ou les démissions, seront-ils maintenus ? »

« Une perte de confiance »

« Nous nous sommes engagés à ce que chaque agent ait une vision de ce qui l’attend au moins un an à l’avance », expliquait, ce mardi, Laurent le Bon. De plus, la direction assure que tous les agents retrouveront leur poste, ou un poste de nature équivalente, à la réouverture après les travaux.

Des « assurances » qui ne convainquent pas les syndicats : « Des agents des ateliers ont appris, quelques jours après le premier jour de grève, qu’ils seraient délocalisés dans les réserves actuelles du centre Pompidou, ou les conditions de travail y sont très difficiles. Ils n’en avaient pas été informés et ce n’était inscrit nulle part dans les textes. Cela crée une perte de confiance. Nous voulons que tout soit écrit au mot près dans les accords », précise Ollivier Melt.

Les agents de la bibliothèque et de l’institut de recherche déjà fixés

Un souci que ne se posent pas les agents de la BPI (Bibliothèque publique d’information) qui seront relogés dans l’immeuble Lumière de Bercy, et ceux de l’Ircam (Institut de recherche et coordination acoustique/musique) qui resteront sur leur site actuel. Aussi, selon Julie Narbey, directrice générale du centre Pompidou, « seuls » 500 agents, sur les 1.013 (825 CDI, 101 CDD et 87 fonctionnaires) que compte le centre, devraient déménager, les autres continueront leur mission de programmation « hors les murs » dans leurs bureaux à proximité de Beaubourg.

Une partie de ces salariés délocalisés, environ 180 tous dédiés à l’accueil, la billetterie et la surveillance, seront redéployés au Grand Palais, après sa réouverture en 2024 pour les Jeux olympiques, et dont la programmation sera assurée par le centre Pompidou. Une autre partie ira, elle, au site de Massy qui accueillera les réserves dédiées aux collections, mais pas uniquement puisque Laurent Le Bon assure que ce site proposera également « une programmation culturelle ».

« Ce que nous proposons aux agents est exceptionnel et unique », explique Laurent Le Bon qui rappelle que lors de la fermeture du centre à la fin des années 1990, une partie des agents avaient été installés dans ce qui est aujourd’hui les sous-sols du magasin Leroy Merlin situé à quelques dizaines de mètres de Beaubourg. « Au musée Pergame (de Berlin – NDLR), dont les travaux vont s’étaler sur 14 ans, aucune solution n’a été proposée aux salariés », ajoute-t-il comme pour magnifier encore le protocole d’accord.

Il faudra plus aux personnels qui prévoient de nouvelles actions dans les jours à venir, selon Ollivier Melt.

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