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dispositifLes victimes de violences conjugales pourront déposer plainte aux urgences

Violences conjugales : Les victimes pourront dorénavant déposer plainte dans tous les hôpitaux d’Ile-de-France

dispositifLa convention prévoit qu’un médecin urgentiste qui prend en charge une victime lui demande si elle veut porter plainte. Dans l’affirmative, l’urgentiste contacte les services de police via une ligne dédiée
Les urgences de l'hôpital Saint-Antoine, le 22 février 2019, à Paris (12e).
Les urgences de l'hôpital Saint-Antoine, le 22 février 2019, à Paris (12e). - Clément Follain / 20 Minutes / Clément Follain / 20 Minutes
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, le préfet de police de Paris et quatre procureurs franciliens ont signé mercredi une convention pour que les victimes de violences conjugales puissent dorénavant déposer plainte dans tous les services d’urgence de l’AP-HP.

Nicolas Revel et Laurent Nuñez étaient réunis mercredi à Paris pour la signature de la convention avec la procureure de Paris Laure Beccuau, le procureur de la République de Nanterre Pascal Prache, le procureur de la République de Bobigny Eric Mathais et le procureur de la République de Créteil Stéphane Hardouin.

Expérimenté depuis octobre 2020 dans trois établissements (sur 16) de l’AP-HP (Saint-Antoine/Paris XIIe, Tenon/Paris XXe et Henri-Mondor à Créteil), le dispositif d’envergure nationale, lancé à la suite du Grenelle des violences conjugales de 2019, est ainsi généralisé à partir de jeudi à l’ensemble des services d’accueil et d’urgence de l’AP-HP.

« Le dispositif va monter en puissance »

« Le pas que nous faisons peut paraître modeste mais en réalité il est très important pour faire avancer le combat. C’est la justice elle seule qui peut mettre à l’écart l’agresseur et protéger la victime » a assuré le directeur général de l’APH-HP, Nicolas Revel. Pour le préfet de police Laurent Nuñez, avec cette convention, il s’agit de « jouer collectif » et de « renforcer le aller-vers ». « Le dispositif va monter en puissance. Ça ne se traduit pas par une baisse des faits mais ce sont des plaintes qui n’auraient jamais été déposées ».

La convention nouvellement signée prévoit qu’un médecin urgentiste qui prend en charge une victime de violences conjugales lui demande si elle veut porter plainte. Dans l’affirmative, l’urgentiste contacte les services de police via une ligne dédiée. L’audition se fera dans l’hôpital, en toute confidentialité. Si la victime ne souhaite pas déposer plainte, elle sera orientée vers un service d’accompagnement et l’urgentiste pourra éventuellement faire un signalement auprès du procureur de la République.

« Nouveau pas »

La procureure de Paris, Laure Beccuau, s’est félicitée d’un « nouveau pas en faveur de la révélation des faits ».

Selon l’AP-HP, 46 victimes (30 à Paris, 16 à Créteil) ont déposé plainte dans les locaux de l’AP-HP depuis le début de l’expérimentation. « Une certaine proportion continue malgré tout de refuser le dépôt de plainte », a souligné la cheffe des urgences de l’hôpital Tenon, Hélène Goulet.

La région Ile-de-France a enregistré le nombre le plus élevé de morts violentes au sein du couple en 2022 d’après le rapport annuel du ministère de l’Intérieur, soit 19 victimes. Sur l’ensemble du territoire national, il y a eu en 2022 145 personnes décédées des suites de violences conjugales, dont 118 femmes. Sur les 118 femmes, 16 avaient déposé plainte.

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