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SANTÉ publiqueUn bilan « positif mais pas suffisant » dans la lutte contre le crack

Crack à Paris : Un bilan « positif mais pas suffisant » après un an de plan de lutte

SANTÉ publiqueUn an après sa nomination, le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, se félicite de la coordination des différentes autorités impliquées dans la lutte contre le crack
Le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez se félicite d'avoir fermé tous les lieux de consommation de crack à ciel ouvert. (Illustration)
Le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez se félicite d'avoir fermé tous les lieux de consommation de crack à ciel ouvert. (Illustration) - Yasuyoshi Chiba / AFP / AFP
Romarik Le Dourneuf

Romarik Le Dourneuf

L'essentiel

  • Un an après avoir été nommé à son poste, le préfet de Police de Paris, Laurent Nuñez a tenu ce jeudi un point sur la lutte contre la consommation de crack à Paris.
  • Accompagné de Laure Beccuau, procureure de la République de Paris, de Marc Guillaume, préfet d’Île-de-France, d’Amélie Verdier, directrice générale de l’ARS Île-de-France et de Nicolas Nordman, adjoint d’Anne Hidalgo à la Sécurité, le préfet de Police a dressé un premier bilan « positif mais pas suffisant ».
  • Si la répression est un angle important de la lutte, les autorités présentes ont rappelé l’importance de la prise en charge sanitaire des consommateurs.

«Un bilan positif mais pas suffisant. » Lors d’un point presse ce jeudi, Laurent Nuñez, préfet de police de Paris, a dressé un état des lieux du plan de lutte contre le crack lancé dans la capitale à sa nomination en juillet 2022. Le premier objectif qui lui avait été fixé par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, de « mettre un terme aux lieux de consommation à ciel ouvert », a été atteint selon lui dès octobre 2022 avec le démantèlement du camp de consommateurs du square Forceval, dans le 19e arrondissement.

« Depuis cette date, nous menons une action résolue de sécurisation de l’espace public », a insisté Laurent Nuñez. Une action policière « qui produit des résultats extrêmement positifs », a-t-il ajouté sous l’approbation de la procureure la République de Paris Laure Beccuau, très impliquée dans la lutte contre le crack à Paris.

Entre 600 et 700 policiers dans le Nord-Est parisien

Et depuis que le camp du square Forceval a été démantelé, entre « 600 et 700 agents de police sont déployés tous les jours », notamment dans les arrondissements du nord-est parisien (10e, 18e, 19e et 20e arrondissements) afin de « disperser les consommateurs et interpeller les vendeurs de crack ». Autre objectif : empêcher l’établissement d’un nouveau lieu sauvage de consommation. Une force de frappe qui se traduit dans les chiffres, selon la procureure de la République, puisque les 255 interpellations pour « vente et consommation de crack » au premier semestre de cette année flirtent avec le nombre total de 2023, soit 285. Des interpellations qui ont d’ailleurs mené à 21 expulsions de ressortissants étrangers. « Cela déstabilise le marché, c’est une bonne chose », a expliqué Laure Beccuau.

Toutefois la procureure, comme le préfet de police, ont toutefois convenu que la solution durable, « c’est d’être en capacité de prendre en charge les personnes d’un point de vue sanitaire et social » : « Nous n’opposons pas la répression et le soin. » D’où l’implication de l’Agence régionale de Santé (ARS) et de la Mairie de Paris dans le dispositif de ce groupe local de traitement de la délinquance des bandes (GLTD) « Crack ».

Cinquante lits d’hôpital dédiés

La municipalité a ainsi rappelé ce jeudi avoir soutenu l’ouverture en juin d’un espace d’accueil pour les « crackeurs » sur le boulevard Ney (18e arrondissement), géré par des associations, comme « premier point de passage » vers des soins avec plus de 2.500 entrées en un mois. La directrice générale de l’ARS Ile-de-France, Amélie Verdier, a, elle, souligné la « montée en puissance » des dispositifs médico-sociaux.

L’ARS Île-de-France, qui coordonne un large dispositif de professionnels et associations, a notamment lancé en juin dernier, à titre expérimental, un dispositif de « SAS » pour « mieux caractériser les personnes » consommatrices, alors qu’il n’existe pas de « parcours type » pour leur accompagnement.

A la rentrée de septembre, 50 lits d’hôpital devraient également être dédiés aux soins des « crackeux », contre 39 actuellement ouverts. Enfin, sous l’autorité de l'actuel ministre de la Santé, des dispositifs de sevrage en province ont été mis en place. Cinquante-deux consommateurs ont été admis en six mois.

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