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PréventionDes bassins mobiles pour apprendre à nager partout en Île-de-France ?

Des « piscines » mobiles pour apprendre à tous les Franciliens à nager

PréventionCes bassins sont déclinés en trois modèles et destinés à développer l’apprentissage de la nage et l’aisance dans l’eau de tous
Les bassins mobiles peuvent accueillir des classes entières pour l'apprentissage de l'aisance dans l'eau.
Les bassins mobiles peuvent accueillir des classes entières pour l'apprentissage de l'aisance dans l'eau.  - IDF Natation / IDF Natation
Romarik Le Dourneuf

Romarik Le Dourneuf

L'essentiel

  • L’été est la saison des noyades. En 2022, près de 1.500 noyades accidentelles ont été recensées.
  • La meilleure parade à ces noyades reste la prévention. Aussi, dans les zones sans piscines, la ligue d’Île-de-France Natation propose aux collectivités des bassins mobiles destinés à promouvoir l’apprentissage de la natation et l’aisance dans l’eau.
  • Ces bassins offrent une multitude de possibilités aux collectivités pour un coût très accessible.

Ce vendredi sonne comme le lancement officiel des « grandes vacances », des congés qui riment souvent avec plaisir, jeux et peut-être baignades, mer et piscines. Malheureusement, cette période est aussi celle de nombreuses noyades. Selon Santé publique France, près de 1.500 noyades étaient recensées en 2021, dont près de 400 mortelles.

Outre tous les outils de prévention et de secourisme qui existent, la meilleure solution pour éviter un drame reste d’être à l’aise dans l’eau et de savoir nager. Mais pour cela, encore faut-il avoir une piscine et un format d’apprentissage à proximité. Et à ce sujet, l’Île-de-France contient de nombreuses zones blanches. Pour pallier à ces carences et proposer au maximum de petits Franciliens un apprentissage de la natation, une solution existe : les bassins mobiles.

Trois modèles de bassins et de multiples possibilités

Proposés par la ligue Île-de-France natation, ces bassins sont de véritables petites piscines ambulantes, prêtes à être installées (presque) n’importe où. « C’est un concept très ancien, explique Lazreg Benelhadj, président de la ligue et vice-président de la Fédération française de natation, en citant l’exemple des piscines de plages des « Club Mickey ». Mais dans le cadre des plans « J’apprends à nager » et « Aisance aquatique » développés par le ministère des Sports, la fédération, avec l’aide de professionnels du secteur, a développé des modèles adaptés à l’apprentissage de la natation. « Ce sont des structures en dur avec des plateformes tout autour qui permettent aux maîtres-nageurs d’intervenir comme dans une vraie piscine. »


À Bezons (95), la piscine est installée dans le gymnase de la ville.
À Bezons (95), la piscine est installée dans le gymnase de la ville. - IDF Natation

Si quatorze bassins ont été déployés dans toute la France l’année dernière, dont cinq en Île-de-France, le programme passe en 2023 un cap. En effet, trois bassins différents sont désormais proposés pour trois usages différents. Un « petit » bassin d’apprentissage de 10 m x 5 m qui peut accueillir de 12 à 15 enfants, un bassin « moyen » de 14 m x 7 m et un « grand » bassin pour nager de 20 m x 10 m ou 25 m x 8 m « Le grand correspond aux dimensions d’une vraie piscine avec 4 ou 5 lignes de nage », commente Lazreg Benelhadj.

En cour d’école, en gymnase…

Ces différents modèles offrent une polyvalence assez exceptionnelle au dispositif. Que ce soit pour l’installer pendant deux semaines pour un programme massé d’apprentissage pour les enfants d’une commune, ou pour développer la pratique de la natation sur une ou plusieurs années, ces modèles offrent beaucoup de souplesse.

Et les premiers exemples sont légion : de la ville Villetaneuse (93) qui a installé un petit bassin dans une cour d’école, à L’Isle-Adam (95) qui a lancé un projet d’apprentissage sur plusieurs mois, en passant par Bezons (95) qui a installé un grand bassin dans un gymnase pour en faire profiter 350 enfants et scolaires après la fermeture temporaire de sa piscine.

« Dans plusieurs villes nous remplaçons les piscines municipales en travaux. D’ailleurs, nous travaillons actuellement en urgence avec la ville de Draveil (91), donc la piscine est fermée pour l’été à la suite d’un incendie criminel qui a eu lieu la semaine dernière », explique Lazreg Benelhadj.

Un accompagnement complet et un soutien financier important

Le président de la ligue d’Île-de-France insiste sur ce point, tous les projets sont étudiés et accompagnés « de A à Z » par la ligue et la fédération de natation. Une seule condition : que l’objectif central du dispositif soit les apprentissages. « Elles ne sont pas destinées à remplacer les piscines en dur, mais les communes font ce qu’elles veulent à côté, elles peuvent l’ouvrir au grand public, de l’entraînement compétitif ou proposer des cours d’aquasanté. »

Il incite même les communes à se renseigner et à faire une demande auprès de la ligue pour installer un dispositif. Quitte à faire le VRP : « Beaucoup ne connaissent pas ou renoncent en pensant que cela coûte autant qu’une piscine en dur. »



Or, justement, le coût est un argument massue du programme. D’abord, contrairement aux piscines traditionnelles aux charges dispendieuses, les bassins sont équipés de technologies économes en énergie. Ensuite, ils sont disponibles à la location ou à l’achat. Dans le premier cas, la fédération se porte acquéreur et met à disposition le dispositif. Seuls les coûts de montage et de démontage sont à la charge de la collectivité (environ 25.000 euros).

Un bassin = Un maître-nageur « offert »

En cas d’achat, le coût, de 120.000 à 500.000 euros suivant le modèle, peut être allégé par l’aide de la région qui peut s’élever jusqu’à 80 % de la valeur brute d’achat (soit sans les options et le personnel).

La fédération et la ligue prennent même en charge la formation des maîtres-nageurs, employés par la ligue grâce au financement de la région, en collaboration avec le Creps de Châtenay-Malabry (92) et mettent ces maîtres-nageurs à disposition des collectivités.

« Les collectivités ne doivent commencer pas se demander combien cela va leur coûter, mais de quoi elles ont besoin », conclut Lazreg Benelhadj.

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