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VIOLENCEDes élèves de l’école hôtelière Vatel toujours en grève contre des profs

Paris : Des élèves de la célèbre école hôtelière Vatel toujours en grève contre des professeurs accusés de violence

VIOLENCELes étudiants et étudiantes de l’école d’hôtellerie dénoncent des insultes homophobes, des gestes inappropriés et des violences comme des brûlures volontaires avec une casserole de la part de deux chefs du restaurant
Un cuisinier (illustration).
Un cuisinier (illustration). - Alexandre GELEBART / Rea
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Ils et elles sont une soixantaine, une promotion entière d’étudiants et étudiantes, en grève contre leurs professeurs. Depuis le 27 mars, des élèves de la célèbre école Vatel à Paris refusent d’aller en cours pour exiger le renvoi de professeurs accusés de « harcèlement sexuel et moral ».

Les élèves dénoncent le comportement de certains professeurs du restaurant d’application ouvert au public, où les étudiants apprennent en pratique les métiers de la cuisine et de la salle par sessions de trois semaines. Cette grève a entraîné la fermeture du restaurant, dont les réservations sur Internet sont closes jusqu’au 10 mai.

« Source d’anxiété »

Les étudiants se disent « toujours insatisfaits » dans une lettre adressée au directeur de l’école Dov Sebban et consultée par l’AFP. « Nous souhaitons le départ des personnes » mises en cause, disent les élèves.

« Nous ne souhaitons pas que ces actes se réitèrent et que les cours d’application pratique demeurent une source d’anxiété pour une majorité d’étudiant(e) s », expliquent-ils. « Les solutions que vous avez semblé vouloir nous apporter, comme des réunions avec les délégués, qui n’ont pas eu lieu, ou une enquête interne qui sera lancée à la fin du mois, ne permettent de répondre que partiellement à nos demandes », affirment les étudiants.

Brûlures volontaires, insultes homophobes…

Les étudiants ont dénoncé, lors d’une enquête du site d’investigation Médiacités, puis auprès de l’AFP et d’autres médias, des insultes notamment homophobes, des gestes inappropriés, des violences (brûlures volontaires avec une casserole) de la part de deux chefs du restaurant, celui du service du midi et celui du soir. Ils ont aussi accusé le chef pâtissier de harcèlement sexuel.

Selon Médiacités, 141 étudiants ont signé dès 2020 une tribune faisant état de « dysfonctionnements (…) parmi lesquels le ''mépris'' et le ''manque de respect'' du personnel encadrant », qui est restée sans réponse. Dans un courrier aux élèves daté du 5 avril, Dov Sebban a admis des « faits incontestablement inacceptables » et promis pour septembre un « dispositif d’alerte et de prise en charge d’éventuels risques psychosociaux ».

Interrogée par l’AFP mardi, la direction a fait valoir n’avoir « à ce jour », « été saisi(e) d’aucune plainte pénale, signalement de services administratifs, médicaux ou sociaux, d’aucune réclamation nominative », et rappelé qu’un comité d’alerte sur les risques psychosociaux sera « opérationnel en septembre ».

Premier groupe mondial

Créé il y a quarante-deux ans par Alain Sebban et par son épouse - décédée depuis –, Vatel se présente comme le premier groupe mondial d’enseignement du management de l’hôtellerie avec 52 écoles dans 32 pays et un chiffre d’affaires de 90 millions d’euros.

Après avoir eu connaissance de la grève des étudiants de Vatel Paris, un prestigieux groupe suisse d’écoles hôtelières et de management, préférant rester discret à ce stade, a décidé de proposer aux élèves de Vatel Paris de poursuivre leurs études dans l’un de ses établissements.

« Nous sommes prêts à leur offrir de poursuivre leurs études avec nous, avec la possibilité d’accéder à une bourse d’études partielle pour les aider et les motiver surtout après leur expérience négative », a indiqué une porte-parole à l’AFP, précisant que « toute l’équipe a été choquée » par les faits relatés par les élèves de Vatel Paris.

La grève doit se poursuivre jusqu’au 5 mai, soit la dernière semaine de pratique de l’année scolaire, a annoncé à l’AFP une élève souhaitant rester anonyme par crainte de représailles, la remise des diplômes approchant.

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