Mineurs percutés à scooter à Paris : Reconnaissant des gestes « pas appropriés », trois policiers placés en garde à vue

ENQUETE « Je crois comprendre que les témoignages des policiers du premier jour ne sont pas ceux d’aujourd’hui et qu’ils reconnaissent des gestes qui ne sont pas appropriés », a déclaré le ministre de l’Intérieur sur France Info ce matin

20 Minutes avec AFP
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Photos d'illustrations de la police nationale pendant la 10e journée de manifestation contre la reforme des retraites à Montpellier le mardi 2 mars 2023.
Photos d'illustrations de la police nationale pendant la 10e journée de manifestation contre la reforme des retraites à Montpellier le mardi 2 mars 2023. — A. Robert

Des témoignages changeants. Gérald Darmanin a indiqué ce vendredi que les trois policiers accusés d’avoir percuté avec leur voiture un scooter la semaine dernière à Paris, blessant trois mineurs dont l’une avec un pronostic vital engagé, ont reconnu « des gestes qui ne sont pas appropriés » et ont été suspendus. Une source proche du dossier vient d’indiquer qu’ils avaient été placés en garde à vue. « Je crois comprendre que les témoignages des policiers du premier jour ne sont pas ceux d’aujourd’hui et qu’ils reconnaissent des gestes qui ne sont pas appropriés », a déclaré le ministre de l’Intérieur sur France Info.

Le 13 avril peu avant minuit, dans le 20e arrondissement, un scooter monté par trois mineurs, âgés de 17, 14 et 13 ans, dont l’un ne portait pas de casque, a été poursuivi par une voiture de police et a chuté. La conductrice, une jeune fille de 17 ans, a été hospitalisée et son pronostic vital était toujours engagé jeudi. Son frère de 13 ans a été blessé au foie et un autre passager, âgé de 14 ans, touché au genou, a indiqué jeudi l’avocat des deux familles, Arié Alimi, qui a déposé plainte pour tentative d’assassinat par personne dépositaire de l’autorité publique, avec arme par destination, sur personnes mineures.

« Une intervention qui n’est pas conforme à ce que le droit et la déontologie permettent »

« J’ai demandé au préfet de police de suspendre (…) ceux qui seraient responsables, notamment une conductrice et d’autres policiers, de cette situation », a ajouté Gérald Darmanin. « Les témoignages ici et là » semblent indiquer « une intervention qui n’est pas conforme à ce que le droit et la déontologie permettent », a-t-il poursuivi. « Le préfet de police a signé la demande de suspension (présentée par le ministre) pour les trois fonctionnaires », a confirmé à l’AFP la préfecture de police. Ces suspensions sont donc effectives.

Le parquet de Paris a confié à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) une enquête sur les conditions dans lesquelles le scooter a chuté et ouvert une autre enquête sur le refus d’obtempérer de la conductrice. Les policiers « ont voulu procéder au contrôle » du scooter mais « le conducteur a refusé de s’arrêter » et « emprunté une rue à contresens avant de perdre la maîtrise dans des circonstances qui restent à établir » de son deux-roues, avait indiqué mardi la préfecture de police.

Mais selon une femme de 37 ans, se présentant comme témoin des faits, le véhicule de police est venu percuter le deux-roues. « On ne souhaite pas faire la guerre à la police, on veut juste connaître la vérité », a commenté jeudi la sœur aînée de la conductrice et de son jeune frère blessé.