Jacques Boutault se verrait bien à la tête de l'Hôtel de Ville de Paris en 2014.
Jacques Boutault se verrait bien à la tête de l'Hôtel de Ville de Paris en 2014. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Paris

Les écolos veulent prendre la Mairie de Paris

Exclusif Alors que les Verts réfléchissent déjà à une stratégie pour 2014, le maire du 2e se positionne

« Il y a une carte à jouer en 2014. » Les écologistes parisiens y croient. Quatre ans avant la prochaine échéance municipale, les Verts s'organisent déjà dans l'optique de rafler l'Hôtel de Ville aux socialistes. Galvanisés par leur excellent score à Paris aux européennes de 2009 (27,46 %) et leur bon résultat aux régionales de 2010 (20,57 %), leur échec aux municipales de 2008 (6,78 %) est désormais un lointain souvenir.

Trouver la bonne tête de liste
Il leur faudra d'abord réussir la fusion Verts - Europe Ecologie, qui doit se conclure avant la fin de l'année. « Sinon, on est morts », selon un adjoint Verts de l'Hôtel de Ville. Ensuite, tous les rêves sont permis. « Vous m'auriez demandé il y a deux ans si les écologistes pouvaient remporter la Mairie, j'aurais rigolé. Aujourd'hui, c'est une hypothèse crédible », estime Hervé Morel, président des Verts Paris. Se mettre d'accord sur des idées, établir un projet, une stratégie. Les écologistes parisiens ont près de quatre ans pour se mettre au diapason avant d'affronter l'équipe Delanoë. Et se trouver un leader. Dans les rangs des Verts, des velléités se manifestent déjà pour briguer la place de maire de Paris. Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement, le seul détenu par les Verts, se dit « intéressé ». « Je serai candidat pour être tête de liste, car je pense avoir le profil qui convient. J'ai démontré que les écologistes sont capables de gérer un exécutif municipal », confie t-il à 20 Minutes. Certes, son arrondissement rassemble « seulement 20 000 habitants ». Contre deux millions pour Paris. « En 2008, je suis réélu dans mon arrondissement avec 68,3 % des suffrages, alors que les Verts sont dans une mauvaise passe. C'était une validation populaire », insiste t-il. En 2001, il avait pris l'arrondissement à la droite. Habitant du quartier depuis 1994, adhérent des Verts depuis 1997, il avait monté une association destinée à lutter contre le « tout bagnole » qui sévissait dans son arrondissement. « Il faut faire de la politique comme un associatif qui a des responsabilités », clame t-il. Surtout, il revendique d'être un « vrai gens » : « J'ai un boulot, un chef, je dois respecter des horaires, prendre le métro ».
Mais les Parisiens sont-ils prêts à voter pour ce quasi inconnu ? « Il n'est pas assez charismatique, il n'a pas la carrure », tâcle un élu Verts, qui verrait bien Daniel Cohn-Bendit dans ce rôle. « Mais il a annoncé qu'il n'était intéressé ni par la présidentielle ni par la Mairie de Paris, et je ne pense pas qu'il change d'avis », ajoute t-il. Cécile Duflot pourrait aussi remporter l'adhésion des Parisiens selon lui. « Ou une nouvelle personne, qui a le temps d'émerger d'ici là ». « Nous en avons fini avec les querelles d'individus, qui ont provoqué notre perte en 2008 », assure Hervé Morel. Pas sûr.