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participationVoici le fruit de la nouvelle « Assemblée citoyenne » à Paris

Paris : Rénovation énergétique, « code de la rue », Plan lecture… L’« Assemblée citoyenne » délivre ses travaux

participationVoici ce qui devrait être voté ce jeudi en Conseil de Paris grâce à la nouvelle « Assemblée citoyenne »
Le conseil de Paris à l'Hôtel de ville.
Le conseil de Paris à l'Hôtel de ville. - TRISTAN REYNAUD / SIPA
Aude Lorriaux

Aude Lorriaux

L'essentiel

  • Une « Assemblée citoyenne » formée de 100 Parisiens et Parisiennes a été créée en octobre 2021 et ses travaux qui ont duré plus d’un an doivent être votés ce jeudi en Conseil de Paris.
  • Les citoyens et citoyennes ont planché sur un nouveau « Code de la rue », dont ils livrent une sorte de feuille de route, avant l’adoption du code à l’été 2023.
  • L’Assemblée citoyenne fait aussi des recommandations en matière de lecture et de rénovation énergétique, pour lever les freins que rencontrent les propriétaires parisiens.

Ils sont 100 Parisiennes et Parisiens, sélectionnés aléatoirement sur le million de personnes inscrites sur les listes électorales parisiennes, avec un système permettant d’obtenir une représentativité en âges, sexes et niveaux de diplôme. Et les voilà prêts et prêts à passer leur grand oral et à présenter le fruit de leur travail, qui devrait, selon toute logique, être adopté au Conseil de Paris ce jeudi après-midi.

« Elles » et « eux », ce sont les habitants et habitantes qui forment la nouvelle Assemblée citoyenne, créée en octobre 2021 par la Ville de Paris, dans la foulée des réflexions démocratiques lancées par le mouvement des Gilets jaunes. Ils et elles ont commencé à travailler en novembre 2021 et leur mandat s’achève ce jour, une fois qu’auront été présentées et adoptées les trois délibérations qu’ils proposent, qui portent sur trois thèmes : l’accès à la lecture, la rénovation énergétique et l’espace public.

Un label pour la rénovation énergétique

C’est ce dernier texte qui doit permettre de créer un « code de la rue » à l’été 2023 pour « optimiser et apaiser l’espace public », et « agir par ordre de priorité sur les conflits d’usage liés à la circulation et aux modes de déplacement, au stationnement, aux activités sur le domaine public et à la signalétique », avec des mesures « d’aménagement, de verbalisation, et de sensibilisation grand public. »

Le deuxième texte doit servir à renouveler le Plan Lecture signé entre le rectorat et la Ville de Paris. Il propose de mettre en place des bourses aux livres et systèmes d’échanges d’ouvrages dans la ville, de continuer les activités hors les murs des bibliothèques municipales, d’organiser des activités intergénérationnelles autour de la lecture, ou encore de généraliser les « Rallyes Lectures », expérimentés dans le 18e arrondissement. Pour aboutir à ces recommandations, les membres de l’Assemblée citoyenne ont visité le Centre Paris Lecture et auditionné des associations, représentants et représentantes de parents, experts et expertes…

Enfin l’Assemblée citoyenne liste toute une série de propositions pour tenter de favoriser la rénovation énergétique des logements des Parisiens, notamment en créant un « label de reconnaissance des syndics de copropriétés qui font preuve de leurs compétences sur le sujet », en augmentant les sessions de formations à l’attention des syndics et conseils syndicaux, ou encore en renforçant le réseau des « Ambassadeurs » de la rénovation, des copropriétaires formés et accompagnés par l’Agence Parisienne du Climat qui aident d’autres habitants et habitantes à se lancer. L’Assemblée citoyenne souhaite enfin un « droit de suite » sur son action et demande au Conseil de Paris d’exhorter l’Etat à massifier la rénovation de logements.

Des travaux « dirigés par l’exécutif » ?

Si du côté de la mairie, on vante une « première mondiale à l’échelle d’une ville de deux millions d’habitants », du côté de l’opposition LR, on est moins emballé. « On ne remet pas en cause les citoyens tirés au sort, mais c’est une opération de com et ça n’a rien à voir avec la démocratie », avance Catherine Dumas, conseillère de Paris dans le 17e arrondissement. Le groupe LR dénonce « un niveau supplémentaire à l’incompréhensible « millefeuille participatif » parisien » et juge que les travaux ont été « dirigés par l’exécutif », le contenu des délibérations faisant « étrangement consensus avec la doxa de l’Exécutif ».

« C’est une instance démocratique nouvelle qui suscite de l’intérêt dans le monde, on est très fiers de cette première promotion », estime au contraire Anouch Toranian, l’adjointe de la Mairie de Paris à la participation citoyenne. De quoi donner des idées à d’autres villes ?


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