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LOGEMENTUn manifeste pour interpeller les pouvoirs publics sur le mal-logement

Un manifeste pour que « les pouvoirs publics prennent la mesure de la crise du logement » à Paris

LOGEMENTTrois associations rédigent un manifeste pour interpeller les pouvoirs publics sur le mal-logement
Logements sociaux (Illustration).
Logements sociaux (Illustration).  - A. Gelebart / 20 Minutes / A. Gelebart / 20 Minutes
Mathilde Desgranges

Mathilde Desgranges

L'essentiel

  • Trois associations rédigent un manifeste pour interpeller les pouvoirs publics sur la crise du mal-logement. La région francilienne compte 1,3 million de personnes mal-logées, dont 140.000 SDF.
  • « Le Fonds national d’aide à la pierre a fixé un objectif de 25.000 logements sociaux construits pour l’année 2023 », affirme Damien Vanoverschelde, président de l’AORIF. Un objectif de production en baisse de 24 % par rapport à 2022.
  • Ces trois acteurs entendent inciter les pouvoirs à réaffirmer un objectif de construction annuel ambitieux.

Un cri d’alarme sur la crise du mal-logement, en Ile-de-France. Trois associations publient un manifeste pour demander des objectifs de production de logements sociaux plus ambitieux. La Fondation Abbé-Pierre, l’Association des organismes de logement social d’Ile-de-France (AORIF) et l’Association francilienne pour favoriser l’insertion par le logement (AFFIL) interpellent les pouvoirs publics sur la question. La région francilienne compte 1,3 million de personnes mal-logées, dont 140.000 SDF. Un chiffre record. « Les pouvoirs publics doivent prendre la mesure de la crise du logement », estiment ces trois acteurs.

« Ce qui a motivé la rédaction de ce manifeste, c’est de savoir que le Fonds national d’aide à la pierre (FNAP) a fixé un objectif de 25.000 logements sociaux construits pour l’année 2023 », affirme Damien Vanoverschelde, président de l’AORIF. Un objectif de production en baisse 24 % par rapport à 2022.

« Quelques années noires devant nous »

En Ile-de-France, 780.000 ménages sont inscrits dans les fichiers de demandeurs de logements sociaux. « En cinq ans, on a 100.000 demandes supplémentaires. Soit la moitié de la croissance démographique dans la région, explique Pascal Van Laethem, président de l’AFFIL. On arrive à peine à combler l’écart démographique, alors que le besoin est énorme. » Aujourd’hui, une demande sur dix, seulement, est satisfaite.

Pour ces trois acteurs du logement, il n’y a qu’une solution possible : la construction de nouveaux logements. « Quand on n’arrive pas à atteindre les objectifs fixés, il faut plus de moyens et de leviers d’action, estime le président de l’AORIF. Et non baisser les objectifs. »

Ces dernières années, la production de logements sociaux est en baisse. « L’année 2022 a été une mauvaise année à cet égard », affirme le président de l’AORIF. Selon la direction régionale et interdépartementale de l’Hébergement et du Logement (Drihl) Île-de-France, seuls 21.805 logements ont été construits. « On est loin des chiffres de la période entre 2013 et 2019, où près de 30.000 agréments étaient construits chaque année », poursuit ce dernier. Estimant qu’il faudrait construire au moins 37.000 logements par an pour pouvoir répondre à la demande, les associations craignent « qu’on ait quelques années noires devant nous ».

« Réaffirmer un objectif annuel ambitieux »

Dans leur manifeste, les trois acteurs exposent les conditions qu’elles estiment nécessaires pour pouvoir réduire le mal-logement. Pour elles, les décideurs du schéma directeur de la région Île-de-France Environnemental (Sdrif-E) et schéma régional de l’habitat et de l’hébergement (SRHH) « doivent réaffirmer un objectif annuel ambitieux, situé entre 32.000 et 37.000 logements sociaux construits par an ». Cela doit s’accompagner par « une mobilisation des pouvoirs publics franciliens pour soutenir l’insertion par le logement », ainsi qu’un « accès prioritaire au bâti et d’un soutien financier ».


« On est souvent frappé par la justesse du diagnostic [sur l’état du mal-logement]. Mais derrière, on est déçus quand on voit les propositions d’action, regrette le directeur de l’agence Ile-de-France de la Fondation Abbé-Pierre, Eric Constantin. Il y a un réel décalage entre le discours et ce qui est fait. » Ce denier ne voit d’autres solutions à cette crise qu’une réelle implication de l’Etat. Cela pourrait notamment se traduire par « 30 % de logements des quartiers de gare [des projets immobiliers autour des nouvelles gares du Grand Paris] réservés pour le logement social ». Une demande déjà formulée auprès du préfet de région, restée pour l’instant sans réponse.

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