Hausse du pass Navigo : Le gouvernement prêt à « travailler » avec Pécresse

TRANSPORTS A deux jours du probable vote par Ile-de-France Mobilités d’une hausse du prix du pass Navigo, il serait en effet temps de se mettre à travailler ensemble

20 Minutes avec AFP
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Le pass Navigo pourrait bien passer à 90 euros par mois.
Le pass Navigo pourrait bien passer à 90 euros par mois. — NICOLAS MESSYASZ / SIPA

S’il refuse d’être le « tiroir-caisse » d’Ile-de-France Mobilités (IDFM), l’Etat est néanmoins prêt à « travailler » avec l’autorité régionale des transports pour éviter une hausse brutale du prix des abonnements, a indiqué lundi Gabriel Attal. « Il y a un besoin de financement pour IDFM », a reconnu le ministre des Comptes publics sur BFMTV/RMC, alors que la présidente de l’institution Valérie Pécresse doit trouver 450 millions d’euros avant le conseil d’administration de mercredi pour équilibrer le budget 2023.

« C’est un dossier suivi à très haut niveau, par la Première ministre, les ministres concernés. On va continuer à travailler avec elle [Valérie Pécresse] pour trouver des solutions, pour l’aider », a assuré Gabriel Attal. « Mais il faut qu’elle nous aide à l’aider, en regardant les autres possibilités » que la hausse du forfait mensuel Navigo pour boucler le budget 2023, contraint par l’inflation et la flambée des prix de l’énergie.

Qui doit payer ?

Actuellement vendu à 75,20 euros par mois, le tarif du pass Navigo mensuel pourrait passer à 90 euros, et celui du ticket de métro unitaire de 1,90 à 2,30 euros si IDFM ne trouve pas de nouvelles sources de financement. Une éventuelle hausse de 20 % que Valérie Pécresse a déjà jugée « inacceptable ». « Les Franciliens ne sont pas un tiroir-caisse sur lesquels on peut pomper en augmentant indéfiniment le pass Navigo, et l’Etat non plus n’est pas un tiroir-caisse », a martelé lundi Gabriel Attal, lui-même élu en Ile-de-France.

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire lui a emboîté le pas sur France Inter, affirmant être « comptable de l’argent de tous les Français ». « C’est compliqué pour moi d’aller expliquer à quelqu’un qui habite à Nantes, à Nevers ou à Romorantin que je vais prendre de l’argent public qui lui appartient aussi pour aider la région la plus riche de France », a attaqué le numéro 2 du gouvernement.

La question du versement mobilité

Dans une délibération qu’elle doit soumettre mercredi au conseil d’administration d’IDFM, Valérie Pécresse a menacé de suspendre une série de paiements liés à de grands projets, à commencer par la préparation des Jeux olympiques et le métro du Grand Paris, si l’Etat ne fait pas de geste pour éviter une trop forte hausse des tarifs des transports en commun.

Valérie Pécresse, qui ne veut ni baisser l’offre de transport - qui doit tout juste remonter à 100 % –, ni renoncer à ses investissements, a demandé à l’Etat de pouvoir augmenter le versement mobilité - une taxe sur la masse salariale des entreprises de plus de 11 employés - dans les zones les plus denses, une baisse de la TVA de 10 % à 5,5 % et une transformation en subvention des avances remboursables consenties par l’Etat pendant la pandémie. L’élue (LR) a aussi évoqué une taxe de séjour sur les hôtels de plus de quatre étoiles.