Île-de-France : Pour protester contre la hausse du pass Navigo, Valérie Pécresse menace de suspendre des paiements

Menaces Ceux-ci concernent notamment la préparation du Grand Paris Express et des Jeux olympiques

20 Minutes avec AFP
Valérie Pécresse, présidente du Conseil régional d'Ile-de-France.
Valérie Pécresse, présidente du Conseil régional d'Ile-de-France. — JEANNE ACCORSINI

La présidente d’Ile-de-France Mobilités (IDFM), Valérie Pécresse, menace de suspendre des paiements concernant notamment la préparation du Grand Paris Express et des Jeux olympiques, si le gouvernement ne fait pas de geste pour éviter une trop forte hausse des tarifs des transports en commun de la région, dont ceux de l’abonnement Navigo.

Dans une délibération - consultée vendredi par l’AFP - qu’elle entend soumettre mercredi au conseil d’administration de l’autorité régionale des transports, Pécresse estime « inacceptable » une augmentation de 20 % des tarifs des transports publics franciliens, inévitable selon IDFM si l’Etat ne lui permet pas de trouver de nouvelles sources de financements pour faire face à l’inflation et à la flambée des prix de l’énergie.

Appel à suspendre les dépenses

En conséquence, le « voeu » de Pécresse « appelle le gouvernement à lever son blocage de toute recette nouvelle pour Ile-de-France Mobilités ». « Dans l’attente d’une décision de l’Etat », le conseil d’administration est appelé à suspendre les dépenses relatives à la pré-exploitation du Grand Paris Express (le métro du grand Paris), d’Eole (le RER E, en construction à l’ouest) et à la préparation des transports des Jeux olympiques, ainsi qu’aux réductions pour les étrangers en situation irrégulière, et au remboursement à l’État de l’avance consentie pour éponger les pertes liées au Covid-19.

Le texte invite également « tous les employeurs publics et privés d’Ile-de-France qui le peuvent à rembourser 75 % du forfait Navigo (l’abonnement mensuel), comme la loi le leur permet désormais, afin de prendre toute leur part dans le financement des transports et d’alléger la facture des usagers ».

450 millions à trouver

L’institution doit trouver 450 millions d’euros pour boucler son budget de fonctionnement 2023, qu’elle doit adopter mercredi. Celui-ci ne peut pas être en déficit. Si le gouvernement ne permet pas à IDFM de trouver de nouvelles formes de financement, les tarifs pourraient augmenter de 20 %. L’abonnement mensuel Navigo passerait notamment de 75,20 à 90 euros, et le ticket de métro à l’unité de 1,90 à 2,30 euros.

« Depuis des mois, nous avons proposé » au gouvernement « toute une série de propositions qu’ils ont balayées d’un revers de main : baisse de la TVA, hausse du versement mobilité des entreprises, transformation en subvention de la dette Covid, taxe de séjour sur les hôtels de plus de 4 étoiles, etc », avait-elle écrit mercredi dans une lettre aux associations d’usagers.