Téléthon 2022 : Un marathon de nage dans les bassins de l’hôtel Molitor

DEFI Quentin Merat et Ghislain Vachette, sportifs accomplis, participent au Téléthon cette année en relevant un défi XXL : nager un marathon chacun dans les bassins mythiques de l’hôtel Molitor à Paris

Laure Gamaury
— 
Quentin Merat, 29 ans et Ghislain Vachette, 30 ans, à l'assaut des bassins de l'hôtel Molitor à Paris pour un marathon de nage au profit du Téléthon.
Quentin Merat, 29 ans et Ghislain Vachette, 30 ans, à l'assaut des bassins de l'hôtel Molitor à Paris pour un marathon de nage au profit du Téléthon. — Laure Gamaury pour 20 Minutes
  • A 29 et 30 ans, Quentin Merat et Ghislain Vachette n’en sont pas à leur premier défi de taille. Mais celui pour lequel ils se sont élancés vendredi soir à 20 heures, est tout de même immense : nager 42,195 kilomètres chacun dans les bassins de l’hôtel Molitor à Paris.
  • Sportifs accomplis, les deux amis de longue date nagent au profit du Téléthon et espèrent boucler leur marathon aquatique en moins de 16 heures.
  • « On a surtout préparé nos corps à passer du temps dans l’eau, on n’est pas dans l’intensité. C’est plus une randonnée qu’une course », explique Quentin Merat, avant le grand plongeon.

EDIT : Les deux amis ont bouclé leur marathon aquatique samedi matin aux alentours de 11h50. Malgré quelques passages compliqués au niveau digestif, ils ont relevé leur pari XXL. La tombola solidaire au profit du Téléthon est encore ouverte durant quelques jours.

42.195 kilomètres à la nage dans les bassins de l’hôtel Molitor à Paris. Un marathon aquatique chacun. Le défi est majuscule pour Quentin Merat, 29 ans et Ghislain Vachette, 30 ans. « On est là pour se faire plaisir, glisser dans l’eau et mettre en avant le Téléthon », énumère ce dernier. Les deux compères profitent du cadre grandiose de cette emblématique institution parisienne pour se lancer à 20 heures ce vendredi dans environ 16 heures de nage au profit de la recherche et pour financer les traitements contre les maladies neuromusculaires.


20 Minutes les a rencontrés deux heures avant le lancement de cette session nocturne qui devrait s’achever demain matin, « peut-être autour de 10h30, on a prévu large en disant 11 heures-midi », précise le duo. Amis depuis le lycée, Quentin et Ghislain n’en sont pas à leur première aventure un peu folle, mais ce marathon aquatique est un inédit pour eux. « Le projet est né dans la tête de Ghislain, sourit Quentin, ingénieur textile chez Décathlon en Haute-Savoie. Cet été, on faisait le tour du Mont-Blanc à vélo et il a fini par me partager son idée. » A leurs côtés, ils ont embarqué Mathilde, responsable logistique et communication, et Antoine, le maître nageur. « Lui, il n’a absolument pas le droit de fermer l’œil », martèlent les deux nageurs, hilares.

Un beau projet dans un beau lieu

Un marathon dans l’eau, pourquoi pas, mais il en faut plus à ces deux nageurs (très) confirmés. Après un défi de 30 km en piscine en mars à Dijon, au profit de l’association Lames de joie, une association qui prête aux enfants amputés des lames de carbone - un équipement très coûteux, qui leur permet de faire du sport comme les autres –, l’ambition grimpe : « Le Téléthon approchait, donc l’idée du défi sportif associé à une belle cause nous a emballés, expose Quentin. Et Ghislain connaissait les bassins de l’hôtel Molitor via le film L’Odyssée de Pi. » Le Marathon de Pi est ainsi né en à peine trois mois.


Le bassin intérieur de l'hôtel Molitor.
Le bassin intérieur de l'hôtel Molitor. - Laure Gamaury pour 20 Minutes

Entièrement au profit du Téléthon, il permet aux donateurs qui se connectent sur la page dédiée à ce défi de participer à une tombola solidaire : « Avec nos deux partenaires, l’hôtel Molitor et Nabaiji, on a récolté des lots, qui permettront de récompenser ceux qui donnent. C’est comme en appelant le 3637 mais là, vous avez une chance de gagner deux entrées pour vous baigner dans ce lieu magique, ou un brunch à l’hôtel Molitor », expose Ghislain.

« J’ai sûrement passé plus de temps à obtenir les autorisations qu’à m’entraîner, plaisante Ghislain, professeur d’EPS. Ce qui pourrait être un problème. Mais on n’a jamais tourné en rond dans un bocal aussi beau, c’est un cadre exceptionnel ». Pourront-ils vraiment en profiter ? Pour Quentin, qui a prévu de nager à peu près la moitié en dos, oui. Pour Ghislain, en 100 % crawl, ce sera pendant les pauses. Car les deux amis ont strictement préparé le programme : quatre blocs, entrecoupés de mini-break de 30 minutes où ils devront se sécher, manger solide et faire une micro-sieste, pour parvenir à 42,195 kilomètres. « Dans un bassin de 33 mètres, ça fait 1.279 longueurs », calcule Quentin. « Et même 1280, ajoute Ghislain. On va faire 42,240 kilomètres pour ne pas se retrouver à l’autre bout du bassin. »

« C’est plus une randonnée qu’une course »

Pour les conditions, le bassin intérieur de l’hôtel Molitor, où ils effectueront le gros de leur défi, est chauffé à 28 degrés : « On va y faire le premier bloc de 15 km, le deuxième de 12 et une partie du troisième bloc de 9, explique Quentin. D’après nos calculs, la 3e pause se fera vers 8 heures, or on a prévu de basculer dans le bassin extérieur à 7 heures, lequel est chauffé à 27 degrés ». Leur seul objectif : terminer ce marathon aquatique en moins de 16 heures. « On a surtout préparé nos corps à passer du temps dans l’eau, on n’est pas dans l’intensité. C’est plus une randonnée qu’une course. »


Le bassin extérieur de l'hôtel Molitor.
Le bassin extérieur de l'hôtel Molitor. - Laure Gamaury pour 20 Minutes

Et les deux amis ont-ils envisagé une quelconque défaillance ? « On part sur une moyenne d’1’40-1’45 aux 100 mètres », un rythme de croisière pour ces deux sportifs accomplis, qui ont commencé leurs défis à deux pendant le confinement : « On a fait un triathlon en appartement pendant douze heures », se remémorent-ils. Ont suivi diverses expériences, dont la traversée du lac d’Annecy pour laquelle ils s’y sont pris à deux fois pour vaincre le courant et gérer la température. « C’est le seul petit couac, oui. On n’avait pas assez anticipé tous les paramètres. »

Pour les deux compères auxerrois, ce marathon aquatique ne devrait pas être le dernier défi partagé. « On a des choses en tête c’est sûr, mais déjà là, 16 heures de nage devant nous, c’est pas mal. On avisera ensuite », glisse Ghislain. On a frisé le « on prend les matchs les uns après les autres » si cher aux footballeurs ! « Et puis, on ne va pas mentir, il y a deux ou trois jours, l’un de nous deux n’était encore pas du tout sûr de prendre le départ », ajoute-t-il, énigmatique. « On va faire en sorte que ça se termine à deux », sourit à son tour Quentin. Mais on ne saura lequel a tiré l’autre dans les eaux du Molitor.