JO 2024 de Paris : Les « Phryges », des mascottes bien françaises pour « se démarquer »

Révolution ! Le comité d’organisation des JO a dévoilé ce lundi les deux mascottes, les « Phryges » en hommage au bonnet phrygien révolutionnaire

Guillaume Novello
Les Phryges, c'est la France.
Les Phryges, c'est la France. — Paris 2024
  • Les deux mascottes des Jeux olympiques et paralympiques de 2024 seront la Phryge olympique et la Phryge paralympique, inspirées du bonnet phrygien.
  • Celui-ci incarne « parfaitement bien la République française », assure Tony Estanguet, le président du comité d’organisation (Cojo).
  • Un univers autour de ces mascottes a même été créé par le Cojo afin d’asseoir leur popularité.

Pour réussir les JO de 2024, le comité d’organisation (Cojo) aime miser sur l’originalité. C’était le cas avec la cérémonie d’ouverture sur la Seine, le parcours du marathon ouvert à toutes et tous, et c’est encore le cas avec le choix de la mascotte des Jeux. « On a eu envie de se démarquer en choisissant un idéal plus qu’un animal », expliquait ainsi ce lundi matin en conférence de presse Tony Estanguet, président du Cojo. En effet, jusqu’ici les précédentes mascottes olympiques étaient pour la plupart des animaux avec une belle proportion d’ursidés, même si la première était un teckel, Waldi, pour les JO de Munich en 1972.

Et cette envie de se démarquer a abouti au choix du bonnet phrygien, qui de prime abord, peut paraître assez invraisemblable. Mais le Cojo y croit dur comme fer. « Il incarne parfaitement bien la République française, assure Tony Estanguet. C’est un objet connu, qui fait du sens en France, présent dans les mairies, dans l’art, sur les timbres. » Les mascottes sont donc rouges avec des baskets – et une lame de course pour l’une d’entre elles –, et, détail qui n’aura pas échappé à nos lecteurs les plus avertis, leurs yeux sont des cocardes tricolores.



Les organisateurs ont ainsi dû être marqués enfants par la Révolution française puisque c’est le deuxième clin d’œil à cette période après celui, un peu tiré par les cheveux, du parcours du marathon. Enfin, et comme la France ne sera jamais la France si elle n’aspire pas à l’universalisme, ces mascottes, annonce le président du Cojo, « porteront ce symbole de liberté, de Jeux à la française » ! N’en jetez plus !

« En prononciation, ce n’est pas ce qu’il y avait de plus évident »

La prétention à l’universalisme de ces mascottes franchouillardes pourrait néanmoins être plombée par l’appellation de ces deux bonnets sans véritables prénoms : la Phryge olympique et la Phryge paralympique. Pour un non-francophone, pas évident à déchiffrer, ni à prononcer. Tony Estanguet en convient : « En prononciation, ce n’est pas ce qu’il y avait de plus évident. » Mais, « on assume le parti que ce soit pas si simple, soutient Julie Matikhine, la directrice de la marque. Le Français n’est pas une langue facile, mais pour asseoir cette histoire, rajouter un nom ça aurait conduit à nous embrouiller. » Et elle ajoute que les testings auprès des étrangers ont eu des retours positifs.


Les Phryges sont disponibles dans toutes les tailles.
Les Phryges sont disponibles dans toutes les tailles. - G. Novello

Et pour ancrer ces mascottes, le Cojo a même imaginé un mini-univers. « Ce sont les personnages principaux du peuple des phryges, un peu comme les Schtroumpfs ou les Minions », décrypte la directrice de la marque. Une histoire des phryges a ainsi été mise en place qui les voit être présentes lors des grands moments historiques de l’histoire de France, que ce soit à Lascaux ou sur les barricades des journées de Juillet 1830. Les deux mascottes ont également été dotées de personnalités, précise Julie Matikhine :
« La phryge olympique est fine tacticienne, cartésienne, réfléchie, tandis que la phryge paralympique est fêtarde, extravertie, tournée vers les autres. Et c’est la combinaison de leurs deux personnalités qui créent l’équilibre. » Il aurait été dommage que les phryges soient frigides.