Seine-Saint-Denis : Un testing pour sonder les discriminations au logement

INFO « 20 Minutes » Un testing a été commandé pour la première fois par le département à l’association SOS Racisme sur le sujet du logement

A.L.
Le logo de l'Association SOS Racisme - Illustration
Le logo de l'Association SOS Racisme - Illustration — Joël Saget
  • L’association SOS Racisme a effectué une campagne de testings pour détecter la présence de discriminations lors de la recherche d’un appartement locatif en Seine-Saint-Denis.
  • Cette campagne n’a pas révélé l’existence de discriminations particulières.
  • Dans un sondage, un tiers des personnes interrogées avaient pourtant indiqué subir des discriminations lors de la recherche de logement. Il pourrait s’agir surtout de discriminations rencontrées lors d’une recherche de logement en dehors du département.

L’association SOS Racisme a effectué une campagne de testings pour détecter la présence de discriminations lors de la recherche d’un appartement locatif en Seine-Saint-Denis, selon nos informations. Réalisé du 21 au 23 septembre 2022, le testing a concerné neuf enseignes, avec deux à sept agences par enseigne. Selon le département, qui a missionné l’association, cette campagne n’a pas révélé l’existence de discriminations particulières, mais pour Juliette Griffond, responsable de la Mission égalité diversité au Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, « cela ne veut pas dire qu’il n’y en a jamais ».

La campagne a été menée avec des dossiers présentant des noms à consonance étrangère, mais très solides sur le plan financier. « On peut supposer que du fait de la précarité dans le département, un dossier solide efface les discriminations. Deuxième hypothèse : il y a plus de diversité en Seine-Saint-Denis, et du coup il y a moins de discriminations raciales. Les gens en agence immobilière ici sont aussi noirs, arabes, etc., et pareil pour les propriétaires. »

Des difficultés pour louer à l’extérieur du département

Dans un sondage révélé par 20 Minutes, ciblant les habitants et habitantes de Seine-Saint-Denis, un tiers des personnes interrogées avaient pourtant indiqué subir des discriminations lors de la recherche de logement. Mais s’agit-il d’un logement dans le département ? Selon Juliette Griffond, la caravane des discriminations avait permis de faire remonter de nombreux témoignages d’habitantes et habitants disant être discriminés lorsqu’ils et elles partaient en vacances et tentaient de louer un logement à l’extérieur du département, du type Airbnb.



Les discriminations au logement pourraient donc être plus fortes lorsque les Séquano-dyonisiens et Séquano-dyonisiennes sortent du département. En appui de cette hypothèse, le sondage indique que des discriminations peuvent avoir été vécues en Seine-Saint-Denis (58 %), à Paris (54 %), dans une autre ville de la France (45 %) ou dans le reste de la France (44 %).