Deux frères lancent une plateforme de co-abonnement pour payer Netflix ou Spotify « deux fois moins cher »

INNOVATION Interpellés par le coût des plateformes de divertissement, Anthony et Tom Chemaly souhaitent mettre en place le co-abonnement

Mathilde Desgranges
— 
binge watching (Illustration)
binge watching (Illustration) — Jan Vašek / Pixabay
  • La plateforme de co-abonnement Diivii permet à plusieurs personnes de se mettre en relation, pour partager et payer à plusieurs un abonnement.
  • Plus de 130 sites, des plus connus comme Netflix, Disney+, Spotify, aux plateformes de « niche » ou de jeux vidéo sont répertoriés.
  • Après avoir épuisé le catalogue Netflix, Anthony et Tom Chemaly ont cherché un moyen de consulter d’autres plateformes sans se ruiner. Ils ont ensuite fondé Diivii.

Ceux qui ne veulent plus de pubs pendant qu’ils regardent des animés, ou ceux qui ont toujours voulu savoir si, vraiment, YouTube Premium vaut le coup, devraient peut-être tester Diivii. Deux frères de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), Anthony et Tom Chemaly, âgés de 24 et 29 ans, ont lancé leur plateforme au début de l’année. Ils souhaitent « permettre à plusieurs personnes de se mettre en relation, et de payer à plusieurs un abonnement ». Plus de 130 sites, des plus connus comme Netflix ou Spotify, aux plateformes de « niche », en passant par les sites de jeux vidéo, sont répertoriés sur Diivii.

« Cela revient moins cher de prendre l’offre premium, avec quatre ou cinq places, et de le partager sur la plateforme, que de prendre l’offre standard », explique Anthony Chemaly. La plateforme compte désormais plus de 30.000 utilisateurs en France. En moyenne, elle ferait économiser 340 euros par an aux jeunes qui l’utilisent.

Pour limiter le partage de comptes, Netflix prévoit de faire payer un supplément aux utilisateurs qui partagent leur abonnement, dès le début de l'année 2023. « Cela ne devrait pas changer grand chose, parce que même avec ce supplément de 3 euros, cela reste moins cher de faire du co-abonnement », avance Anthony. 

« Au bout de ce qu’on voulait voir sur Netflix »

« Pendant le premier confinement, on s’ennuyait à tourner en rond, et on est arrivés au bout de ce qu’on voulait voir sur Netflix », raconte Anthony. Les deux frères commencent alors à s’intéresser aux contenus proposés par les autres plateformes de divertissement. Mais difficile pour eux d’assumer le coût. « Si on veut être abonné à plusieurs plateformes, le prix monte très vite », assurent-ils.


Visuels de la plateforme de co-abonnement Diivii.
Visuels de la plateforme de co-abonnement Diivii. - © Anthony Chemaly / Diivii

L’idée leur vient de créer une plateforme destinée à diviser les coûts des abonnements. En 2020, Tom, et l’un de ses camarades de l’Efrei Paris, Raphaël, sont en dernière année de leur école d’ingénierie. Pendant un an, ils développent la plateforme de co-abonnement, en parallèle de leurs cours. Anthony a, quant à lui, déjà fini ses études de marketing. Ensemble, ils montent le projet « Diivii », pour lequel ils travaillent aujourd’hui à plein temps. « On arrive à en vivre, on aimerait bien embaucher bientôt. »

Payer « deux fois moins qu’avant »

Lui aussi étudiant à l’Efrei Paris, Flavien entend parler de la plateforme créée par l’alumni, qu’il teste depuis quelques mois. Avant, pour avoir accès à Netflix et MyCanal, il payait 20 euros par mois. « Aujourd’hui, je paie 10 euros par mois pour le même contenu, soit deux fois moins qu’avant. » Cela lui permet de faire une économie, non négligeable pour un étudiant qui « n’a pas de salaire ». Il hésite désormais à s’abonner à Spotify pour ne « plus être constamment dérangé par les pubs ». Cela lui reviendrait à 3 euros par mois, soit trois fois moins cher.


Une opportunité d’autant plus intéressant que « pour les étudiants, le prix est moins élevé ». Les fondateurs de Diivii ont établi des partenariats avec une vingtaine d’écoles et universités françaises, parmi lesquelles l’EDHEC, l’EM Lyon, ou encore l’Aftec. « En s’incrivant avec son adresse mail étudiante, on a le droit à des promotions », détaille Morgan, responsable du BDE de l’Efrei Paris. « On cible surtout les étudiants parce qu’ils sont les plus impactés par les problèmes de pouvoir d’achat, déclare Anthony. Et cela peut les inciter à ne plus regarder de séries en streaming. »