Île-de-France : Valérie Pécresse réclame à l’Etat de reprendre la dette « Covid-19 » des transports

Remboursez Il reste 450 millions d’euros à trouver, juge la présidente d’Île-de-France Mobilités

20 Minutes avec AFP
Valerie Pecresse lors de la visite d'un chantier lié aux JO 2024.
Valerie Pecresse lors de la visite d'un chantier lié aux JO 2024. — Gabrielle CEZARD/SIPA

La présidente (LR) d’Ile-de-France Mobilités (IDFM) Valérie Pécresse a demandé lundi à l’Etat de reprendre à son compte 2 milliards d’euros de sa dette liée au Covid-19, pour l’aider à affronter l’explosion des coûts d’exploitation des transports publics franciliens.

Pécresse a évalué pour 2023 à 950 millions d’euros les surcoûts de fonctionnement de ces transports liés à l’augmentation spectaculaire prévisible des tarifs de l’électricité. Elle a rappelé avoir déjà réalisé 200 millions d’euros d’économie en interne pour y faire face.

De l’argent déjà amassé

Lundi, lors d’un conseil d’administration d’IDFM, elle a obtenu un vote pour 100 millions d’euros supplémentaires de contributions des collectivités locales, dont 50 millions de la région Ile-de-France qu’elle préside et 30 de la Ville de Paris.

Elle a ajouté avoir obtenu 100 millions d’euros de la SNCF et autant de la RATP. Dans le cas de la compagnie ferroviaire, il s’agit d’un remboursement de « surprofits » générés en 2020 et 2021 à travers le contrat la liant à IDFM.

Quant à l’exploitant du métro parisien, il rendra à IDFM une somme du même ordre en raison de son incapacité à réaliser ses services contractuels, notamment les lignes de bus qui souffrent de pénuries de conducteurs.

450 millions à trouver

« Il nous reste donc 450 millions d’euros à trouver », a résumé Pécresse, pour qui une piste serait de « demander à ce que l’avance de l’Etat pour les pertes (dues au) Covid puisse être transformée en subvention ». Cela représente 2 milliards d’euros de dette pour IDFM, a-t-elle rappelé.

Si l’Etat acceptait, IDFM n’aurait plus à rembourser les quelque 130 millions d’euros prévus annuellement jusqu’en 2036. Le conseil a aussi réclamé une baisse de la TVA sur les transports en commun à 5,5 % contre 10 % actuellement, qui dégagerait 150 millions d’euros supplémentaires en 2023.

Une alternative à la hausse du Navigo

Enfin, la présidente d’IDFM escompte 180 millions d’euros d’une augmentation du versement mobilité, une taxe sur la masse salariale des entreprises de plus de 11 salariés. Sur les 950 millions, « nous en avons déjà 500 de sécurisés », a constaté Pécresse. « La balle est dans le camp de l’Etat », a-t-elle ajouté, disant attendre « qu’on se mette à une table de négociation ».

La dirigeante a présenté ces propositions comme une alternative à une hausse du coût du forfait Navigo à 100 euros, contre 75,20 euros actuellement, qui serait selon elle à défaut nécessaire.

Valérie Pécresse a aussi rappelé que l’ancien Premier ministre Edouard Philippe avait promis en janvier 2020 de proposer des mesures de financement pérenne des coûts de fonctionnement du Grand Paris Express, qu’IDFM devrait prendre en charge dès 2023.

Menaces en retour

Si ces promesses ne sont pas tenues, IDFM ne financera pas en 2023 les quelque 100 millions d’euros de « coûts de pré-exploitation » de ce super-métro de la région parisienne, a soutenu Pécresse. Même mise en garde sur les 150 millions demandés pour l’organisation des Jeux olympiques, « si l’Etat n’accorde pas de recettes nouvelles », selon le texte adopté lundi.

L’adjoint aux Transports de la Maire de Paris, David Belliard, a confirmé que la ville mettrait la main au pot. « Paris assume ses responsabilités mais sous réserve que le Pass Navigo ne soit pas augmenté », a-t-il déclaré à l’AFP.