Ile-de-France : Jusqu’à 5 fois plus de particules ultrafines à proximité des axes routiers

ETUDE Airparif a mené une campagne de mesures des particules ultrafines à proximité de différents axes routiers en Ile-de-France et les résultats font froid dans le dos

G.N.
Vivre à côté des grands axes routiers expose davantage aux particules ultrafines, selon une étude d'Airparif.
Vivre à côté des grands axes routiers expose davantage aux particules ultrafines, selon une étude d'Airparif. — MARIO FOURMY/SIPA

On y réfléchira à deux fois avant d’aller habiter dans un appartement avec vue sur le périph'. Airparif vient de publier les résultats d’une étude de mesure des particules ultrafines à proximité d’axes routiers franciliens. Et les résultats sont pour le moins inquiétants.

Alors, il ne faut pas confondre particules ultrafines et particules fines, plus connues. Les premières ont « un diamètre inférieur à 100 nanomètres, soit inférieur à la taille d’un virus », précise l’étude. Les secondes font moins de 2,5 micromètres de diamètre, d’où leur nom PM2,5. Manque de chance, « plus les particules sont petites plus leur impact sur la santé serait important », indique Airparif. Pour le moment, les particules ultrafines sont non réglementées mais elles font l’objet d’inquiétudes sanitaires croissantes et de recommandations de renforcement de leur surveillance de la part de l’Anses en France et de l’OMS à l’international.

Des pics à 300.000 particules/cm3

Pour en revenir à l’étude, les mesures ont été effectuées pendant l’été 2021 et en voici les résultats :

Les niveaux de particules ultrafines mesurés varient largement d’un axe routier à l’autre : de 16.600 particules/cm3 mesurées en moyenne à proximité d’un boulevard parisien à 53.300 particules/cm3 mesurées à proximité d’une route nationale, en passant par 23.200 particules/cm3 mesurées à proximité du périphérique parisien.

A titre de comparaison, la station de référence d’Airparif située loin du trafic automobile a relevé sur la même période 9.200 particules/cm3. On a donc, à proximité des axes routiers, des quantités de particules ultrafines 2 à 5 fois supérieures à la normale. Dans le détail, l’association agréée de surveillance de la qualité de l’air note que « les niveaux de particules ultrafines sont particulièrement élevés le matin et le soir, lors des pics de circulation ». Airparif relève même « des pics horaires dépassant 300.000 particules/cm3 […] le long d’un des axes », soit plus de 30 fois la mesure de référence !



Mais Airparif ne s’arrête pas là dans sa surveillance de ces nanoparticules puisque la prochaine campagne « évaluera les niveaux de particules ultrafines à proximité de plateformes aéroportuaires franciliennes ».