Les Mureaux : Un adjoint démissionne après « onze agressions », notamment homophobes

POLEMIQUE L’élu Boris Venon a annoncé sa démission, affirmant avoir subi du « racisme anti-Blancs », des « insultes homophobes" et regrettant le « repli communautaire » de sa ville

A.L.
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L'élu Boris Venon annonçant sa démission
L'élu Boris Venon annonçant sa démission — Capture d'écran 20 Minutes

« J’ai un message personnel à faire passer, avec des choses intimes, et parfois pas faciles à dire »… Mercredi 28 septembre, Boris Venon, élu socialiste et deuxième adjoint au maire depuis 2020, a jeté un gros pavé dans la mare. Élu depuis depuis quatorze ans aux Mureaux, il a annoncé au conseil municipal sa démission, affirmant avoir subi « onze agressions ».

Dans une séance filmée (et disponible à partir de 3 heures et 26 minutes d’enregistrement sur le site de la ville) l’élu s’est dit « inquiet du délitement » dans sa ville, avant d’embrayer sur les agressions qui l’ont touché pendant deux ans, dit-il. « Moi-même et ma famille nous sommes sentis menacés dans notre intégrité physique », dit-il. « Ces derniers épisodes ont été violents et ont profondément remis en cause le lien que j’avais avec la commune. Je me suis vu reprocher qui je suis », poursuit-il.

Au total, Boris Venon dit avoir subi des « menaces de mort » et des « insultes homophobes et racistes ». « Le blanc quitte ma ville, on est chez nous ici » lui aurait dit, toujours selon son témoignage, un habitant des Mureaux, avant de le poursuivre jusqu’à son domicile et de le menacer de mort.

« Vous l’aurez compris je m’apprête à rendre mes fonctions »

L’élu s’est ensuite livré à une analyse plus politique, regrettant que sa ville ait à gérer des « demandes de dérogation », fustigeant un « repli communautaire », et saluant la « pratique municipale » « républicaine et universaliste ».

Boris Venon affirme n’avoir aucune réponse des autorités judiciaires deux mois après sa plainte et termine en disant au revoir à son conseil municipal. « Vous l’aurez compris je m’apprête à rendre mes fonctions. »

Un discours utilisé par l’extrême-droite

Contacté par Le Parisien, François Garay, le maire (PS) des Mureaux a jugé les actes et propos à l’encontre de son adjoint « inacceptables ». « Les Mureaux, ce n’est pas ça ! Les raccourcis sont toujours très dangereux » a ajouté l’élu.

Sur Twitter, de nombreux élus du Rassemblement national ou des partisans d’extrême droite ont utilisé cette séquence. « Quand l’élu PS Boris Venon annonce son départ d’une ville qui se transforme en colonie islamique », a tweeté par exemple Damien Rieu, de l’équipe d’Eric Zemmour. « Voilà le résultat dévastateur des politiques d’immigration massive », a commenté Laurent Morin, conseiller régional RN.

Le racisme anti-Blancs est considéré par beaucoup de chercheurs et chercheuses comme une contradiction, le racisme dit systémique ne pouvant sévir que sur un groupe de personnes dominées. « À l’évidence, les discriminations raciales (…) ne frappent pas également Blancs et non-Blancs », fait remarquer le chercheur de Sciences po Daniel Sabbagh, qui note toutefois qu’on peut très bien aborder le racisme anti-Blancs sous un angle plus empirique, comme « une gamme d’attitudes négatives déterminées par l’appartenance perçue de l’individu ciblé à tel ou tel groupe conventionnellement défini comme ‘racial’ ».