Le procès en appel des adolescents accusés de la mort d’Alisha débute

Justice Accusés d’avoir harcelé, frappé puis jeté dans la Seine l’adolescente de 14 ans, à Argenteuil, deux adolescents sont de nouveau jugés à partir de ce lundi. En première instance, ils ont été condamnés à 10 ans de prison

20 Minutes avec AFP
Marche blanche pour rendre hommage a Alisha, adolescente d'Argenteuil, le 14 mars 2021.
Marche blanche pour rendre hommage a Alisha, adolescente d'Argenteuil, le 14 mars 2021. — ISA HARSIN/SIPA

Le procès en appel des deux adolescents accusés d’avoir harcelé, frappé puis jeté dans la Seine la jeune Alisha, 14 ans, s’est ouvert ce lundi. Il a lieu devant la cour d’appel de Versailles (Yvelines), à huis clos. Un peu plus tôt devant les grilles de la cour d’appel, un comité de soutien d’une quinzaine de personnes s’était réuni avec deux pancartes. « Justice pour Alisha », « Argenteuil avec Alisha », était-il écrit en lettres noires et roses. « J’attends une punition plus importante. C’était un guet-apens, elle ne pouvait pas s’en sortir », a confié à l’AFP la mère d’Alisha.



Ce procès est « important pour la société. Aujourd’hui c’est ma fille, demain c’est peut-être votre enfant. Il faut vraiment réagir, aider les jeunes à bien se comporter », a-t-elle estimé en évoquant le harcèlement subi par son aînée. Les cris de cette mère avaient résonné dans les couloirs du tribunal de Pontoise quand, en avril, le tribunal pour enfants avait condamné les deux jeunes, un garçon et une fille de 16 ans, à dix ans de prison pour « meurtre sur mineur de 15 ans ».

Ils comparaissaient initialement pour « assassinat », un crime qui implique la préméditation, passible de vingt ans de prison avec l’excuse de minorité. Mais le dossier ne comportait pas « d’éléments suffisamment caractérisés » prouvant la préméditation, avait considéré le tribunal. Le parquet, dont les réquisitions étaient plus sévères que la décision, avait fait appel dès le lendemain.

La qualification des faits au cœur des débats

A Versailles, la qualification des faits sera de nouveau au cœur des débats, avec une question centrale : se peut-il que ce duo d’ados, malgré leur jeune âge, ait fomenté un dessein aussi funeste que celui du guet-apens dans lequel est tombée Alisha le 8 mars 2021 ? « Quand on prend séparément tous les actes préparatoires de ce couple infernal, ils convergent tous vers un seul et unique objectif : tuer Alisha. Tout en essayant d’en anticiper les conséquences judiciaires », avait déclaré à l’AFP quelques jours avant l’audience Me Jean Tamalet, l’avocat de la famille de la jeune fille. « Était-ce vraiment utile, vraiment nécessaire de faire appel ? Je ne le crois pas », avait de son côté considéré Me Frank Berton, l’avocat de l’adolescent.

Au pied du viaduc d’Argenteuil (Val-d’Oise), la jeune fille avait retrouvé une camarade de sa classe de troisième, avait retracé Éric Corbaux, procureur de Pontoise à l’époque des faits. Puis un garçon s’était approché d’elle et l’avait frappée à de multiples reprises, avant de la jeter dans la Seine, avait-il poursuivi.

Le mobile qui a conduit à ce scénario macabre questionne également, entre amourettes et rivalités entre jeunes, des futilités adolescentes ayant peu à peu tourné au harcèlement de la victime, dont des photos volées avaient été diffusées sur Snapchat. L’audience doit durer jusqu’à jeudi soir. Puis la décision sera mise en délibéré, et rendue le 10 octobre.