Des parents attaquent l’Etat pour non-remplacement de profs absents, une première

RIPOSTE JUDiciaire Le collectif #Onveutdesprofs a déposé 127 dossiers de requête dont les deux tiers sont originaires d’Ile-de-France

Aude Lorriaux
Une salle de classe vide (illustration).
Une salle de classe vide (illustration). — Alexandre GELEBART
  • Le collectif #Onveutdesprofs dénonce le non-remplacement de professeurs absents.
  • Ces parents d’élèves ont déposé 127 requêtes dont 91 sont situées en Ile-de-France.
  • Ils réclament à l’Etat 10 € par heure de cours non dispensée pour les élèves de second degré, et 50 € par jour de cours non assuré pour les élèves du premier degré.

Chose promise, chose due. Le collectif de parents #Onveutdesprofs, qui menaçait d’attaquer l’Etat en justice à cause des milliers d’heures de cours non remplacés que subissent des élèves, est passé à l’acte. Ce jeudi 22 septembre, ils ont déposé 127 requêtes dans les rectorats de France, réclamant à l’Etat 10 € par heure de cours non dispensée pour les élèves de second degré, et 50 € par jour de cours non assuré pour les élèves du premier degré.

Selon des chiffres communiqués à 20 Minutes, les deux tiers des dossiers de réclamation concernent des établissements situés en Ile-de-France, soit 91 dossiers, dont une grande partie à Paris et en Seine-Saint-Denis (respectivement 45 et 27 dossiers). Le reflet d’une mobilisation née dans ces deux départements, et particulièrement au groupement de collège Marie Curie – Gérard Philipe, dans le 18e arrondissement de Paris.

291 heures de cours manquantes à Montfermeil

Le collectif de parents a recensé plus de 6500 heures de cours manquantes en Ile-de-France rien que pour le secondaire, où l’anglais apparaît comme particulièrement touché, suivi par les cours de musique et de sport. Le collège de Montfermeil (Seine-Saint-Denis) est dans une situation encore plus tendue puisque les parents mobilisés ont recensé 291 heures de cours manquantes en 2021-2022 pour la classe en question, soit près du tiers de l’année perdu (11 semaines sur 36, selon le collectif de parents).

Mais le phénomène touche toute la France. Selon une enquête du premier syndicat de chefs d’établissement, le SNPDEN-Unsa, 62 % des collèges et lycées ont déclaré manquer d’au moins un enseignant entre le 1er et 8 septembre. Avec d’importantes disparités entre les académies : si 88 % des établissements de l’académie de Limoges disaient avoir tous leurs enseignants, ce n’était le cas que de 23 % de ceux de l’académie de Créteil, ou encore de 14,6 % dans celle de Grenoble.



Formulaire en ligne

#Onveutdesprofs affirme d’ailleurs avoir près de 1500 dossiers en cours de constitution, qui touchent tout l’hexagone. Fort-de-France, Grenoble, Lille, Montpellier… « Vingt académies ont rejoint l’action », fait valoir le collectif. Les parents qui souhaitent se joindre à ce contentieux de masse peuvent remplir un formulaire en ligne.

Le ministre de l’éducation nationale a promis en août qu’il y aurait un enseignant « devant chaque classe dans toutes les écoles de France » à la rentrée. Mais sur le terrain, et malgré le recrutement de 4.500 nouveaux contractuels pour cette rentrée, la promesse ne se vérifie pas.