un budget handicapé à la MDPH

A. N.

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La MDPH rogne sur les dépenses courantes.
La MDPH rogne sur les dépenses courantes. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

La norme à la Maison départementale des personnes handicapées de Paris (MDPH), c'est une salle d'attente comble de l'ouverture à la fermeture. Créées par la loi du 11 février 2005, les MDPH sont un des exemples concrets des transferts de compétences vers les départements. Ses missions sont l'accueil, l'information des personnes en situation de handicap, l'ouverture et le suivi des droits. Depuis 2008, l'Etat se désengage financièrement de cette structure et lui doit à ce jour près d'un million d'euros au titre de la non-compensation. « La situation est pénible et malhonête, déplore Véronique Dubarry, adjointe (Verts) chargée du handicap. On ne sait jamais quand va intervenir la participation de l'Etat. C'est une gestion au jour le jour. » De fait, les financements arrivent toujours très tardivement, voire en fin d'année, et ils sont toujours inférieurs aux coûts.


La dette pèse sur la masse salariale
C'est principalement sur la masse salariale, à la charge de l'Etat, que pèsent les créances. Pour boucler l'année, la MDPH doit puiser dans son fonds de compensation destiné aux dépenses lourdes comme l'équipement de véhicules, l'achat de fauteuils roulants ou les travaux d'accessibilité. Elle en a utilisé 600 000 € cette année. La structure rogne aussi sur les dépenses de gardiennage ou de fournitures, et bientôt peut être sur la gratuité de son numéro d'appel. Face à cette situation, la MDPH de Paris, comme d'autres en Ile-de-France, a déposé, le 5 avril dernier, deux recours devant la justice administrative, pour récupérer le million d'euros qui lui est dû.