« Le pouvoir actuel souhaite la disparition des départements »

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Michel Berson
Président

(PS)

du conseil

général

de l'Essonne.
L'Etat doit 262 millions

à votre département,

budget 2010 compris.

D'où provient cette dette ?
L'Etat ne nous verse pas les recettes qui nous permettent d'assurer les compétences qu'il nous attribue. La solidarité nationale se transforme en solidarité départementale, car c'est nous qui devons trouver les crédits.

Que faire avec cette dette

qui s'accumule ?
C'est une situation insoutenable que l'on ne pourra pas maintenir longtemps. Le pouvoir actuel souhaite la disparition des départements. Dans son rapport, l'ex-premier Ministre Edouard Balladur l'a dit, il était pour l'évaporation des départements. Pour moi, on les asphyxie pour les faire mourir à petit feu, mais on se bat et je ne désespère pas.
Comment interprétez-vous

ces carences de paiement ?
Chacun sait que l'Etat est surendetté. Depuis 2004, avec ces transferts de charges, l'Etat essaie de faire supporter le poids de sa dette aux collectivités locales, et en particulier les départements qui souffrent plus que les autres.
La Direction générale des collectivités locales indique pourtant compenser à l'euro près tout nouveau transfert de charge.
C'est vrai, mais avec une nuance. Par exemple en 2010, à titre de compensation pour la suppression de la taxe professionnelle, nous toucherons une dotation à l'euro près, mais sur la base désormais gelée de 2009, sans prise en compte de l'évolution de l'impôt. Je perds ainsi 7 millions d'euros.
Recueilli par Anthony Nataf