Mort de la reine Elisabeth II : A Paris, des Britanniques rendent hommage à « un roc qui a toujours été là »

REPORTAGE Il n’y avait pas foule ce matin devant l’ambassade du Royaume-Uni mais les quelques hommages étaient emplis d’émotion

Guillaume Novello
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Les Britanniques rendant hommage à la Reine d'Angleterre étant rares, dès qu'ils se présentent, ils sont assaillis par les journalistes.
Les Britanniques rendant hommage à la Reine d'Angleterre étant rares, dès qu'ils se présentent, ils sont assaillis par les journalistes. — G. Novello
  • Elisabeth II, Reine d’Angleterre, est décédée jeudi 8 septembre à l’âge de 96 ans.
  • A Paris, devant l’ambassade du Royaume-Uni, se presse une foule de journalistes.
  • Les ressortissants britanniques témoignent de leur attachement à la souveraine.

« Le ciel est gris mais l’émotion est dans les cœurs », philosophe un journaliste d’AP devant l’ambassade du Royaume-Uni, rue du Faubourg Saint-Honoré, ce vendredi matin. Il faut dire que sur place, il y a beaucoup plus de journalistes que de Britanniques venus rendre hommage à la reine Elisabeth II, décédée jeudi soir.

A tel point que dès qu’un badaud se présente pour déposer un bouquet, il est assailli par les caméras avides du bon client. Des collègues révèlent que la veille soir, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées devant les deux immenses portraits de la monarque accrochés sous l’Union jack en berne. Mais les quelques bouquets de fleurs déposés apparaissent minuscules au pied de l’imposante façade. Même les cinq véhicules de police venus en renfort des gendarmes habituellement de garde de l’ambassade attendent en vain la foule.

Mais dire qu’il n’y avait vraiment personne serait mentir. Un jeune homme en chemise pourpre et veste de costume, « très triste » depuis hier soir, est venu déposer une gerbe. Jeune femme blonde de 23 ans, Aiofe est également venu rendre hommage à la reine. « J’ai écouté les infos toute la journée d’hier et quand j’ai appris la nouvelle j’étais dévastée », raconte celle qui travaille à Paris depuis un an. Et elle s’est rendue à l’ambassade pour « être dans un endroit où je pensais que peut-être il y aurait du monde pour ressentir une forme de connexion ». Malheureusement, la connexion n’était peut-être pas très puissante ce vendredi matin.

« Un modèle de courage de dignité »

D’autres Britanniques, visiblement très émus, ont préféré garder ce moment pour eux et ne pas l’étaler devant les journalistes, comme cette femme d’une cinquantaine d’années venue avec son chien ou ce jeune homme très élégant en blazer et canotier.

Mais des Français sont également venus manifester leur émotion et leur respect. Comme Emmanuel, lunettes avec épaisse monture bleue sur le nez. Il est venu rendre hommage à « un modèle de courage de dignité » qui « a traversé toutes les époques, tous les présidents de la Ve République ». Cette longévité a également marquée Aoife qui avait « l’impression qu’elle ne partirait jamais même si elle avait 96 ans ». « C’est un peu un roc pour moi, elle a toujours été là pendant toute ma vie et celle de mes parents, poursuit-elle. Nous n’avons jamais connu un monde sans elle, ça va être un changement très difficile je pense. »

Emmanuelle qui a « toujours eu une adoration » depuis qu’elle est « toute petite », salue aussi une personnalité, un caractère : « En même temps, elle était très drôle et avec son mari, le Prince Philip, elle formait un couple extraordinaire ». « Elle était absolument hilarante » appuie la jeune Britannique qui prédit que son « son sourire va manquer à tout le monde ».